Vous êtes ici

Actualité

Mercredi 4 Octobre 2017, 9:00

Action pour le travail faisable chez Oleon

Les travailleurs de Oleon, une entreprise chimique située à Ertvelde, en Flandre, ont fait grève durant trois jours afin de mettre la pression sur leur direction dans le cadre des négociations pour la CCT. Leur action a permis d’influencer la direction qui a entre autres accepté de réduire le temps de travail avec embauche compensatoire.

Nous avons interviewé Kurt Fournier, délégué FGTB chez Oleon.

Quelles étaient vos revendications lors de ces négociations pour la CCT ?

Kurt : Notre cahier de revendications contenait trois points importants. En premier lieu, une diminution du temps de travail. Ensuite, une meilleure rémunération pour les jeunes travailleurs. Et enfin, des jours de congé supplémentaires pour les 45+.

Pourquoi ces revendications ?

Deux raisons ont dicté nos demandes. D’une part, le gouvernement nous oblige à travailler plus longtemps. Nous ne sommes pas d’accord avec cette mesure mais nous voulions prendre des mesures pour rendre le travail plus soutenable. D’où notre demande de réduction de temps de travail et de jours de congés supplémentaires.

Une autre motivation réside dans l’harmonisation des salaires et des conditions de travail par rapport à notre société sœur d’Oelegem. Chez eux, une réduction du temps de travail avait été introduite dans les années 2000 et les jeunes travailleurs ont de meilleurs salaires.

Comment a réagi la direction à vos demandes ?

La direction s’est directement opposée à toute possibilité de réduction du temps de travail. Elle ne voulait même pas écouter nos arguments. Elle invoquait le fait qu’en France, où se situe la maison mère, on discute actuellement d’une augmentation du temps de travail (actuellement de 35h/sem). Par conséquent, une réduction du temps de travail était inconcevable pour la direction.

Elle était également convaincue que les travailleurs n’étaient pas partisans de cette demande. Ils nous ont donc invités à une nouvelle fois à consulter notre base.

C’est ce que vous avez fait?

Bien entendu. Et les travailleurs ont décidé de partir en action directement. Ces dernières années, il n’y avait jamais aucune possibilités d’obtenir quoi que ce soit. Cette arrogance a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Lundi soir, l’usine a été mise à l’arrêt, et ça a duré jusque jeudi.

Et la direction n’avait rien vu venir?

En effet. Lorsque nous avons repris place à la table des négociations, l’attitude de la direction était totalement différente. Nous sommes parvenus à un accord équilibré. Avec les jours de congé supplémentaires, de meilleurs salaires pour les jeunes et une diminution du temps de travail. Et ceci compensé par des embauches compensatoires afin de ne pas augmenter la charge de travail.