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Point de vue

Lundi 11 Avril 2016, 14:45

Comment rendre le travail infernal

Werner Van Heetvelde - Président

Avec l’actualité récente, il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre à quel point notre syndicat et nos luttes syndicales sont importants. 732 citoyens fortunés nous ont fourni des preuves plus que convaincantes. Ils vivent en Belgique, mais leurs tirelires pleines à craquer sont cachées dans des îles exotiques et ils paient leurs impôts dans un no man’s land.

Leurs noms ont resurgi dans l’affaire des Panama Papers. Ils côtoient les plus riches de la planète. Mais aussi les organisations criminelles qui blanchissent l’argent de leurs crimes. Sans oublier le groupe terroriste EI qui écoule son pétrole par le même chemin. Tout cela avec le soutien d’une poignée de banquiers rusés issus d’institutions financières de renommée mondiale.

Pourquoi font-ils cela? Pour ne pas payer d’impôts. Pour ne pas devoir contribuer aux dépenses de la collectivité tout en étant là pour en profiter. En effet, eux aussi, ils profitent de nos routes, notre enseignement, nos soins de santé et notre système de pension.

C’est révoltant. Nous exigeons un système d’impôt équitable. Et cela suppose en premier lieu que les grosses fortunes et les gains liés à ces fortunes soient pleinement taxés. Il faut mettre un terme à la fuite vers les paradis fiscaux une fois pour toute.

Robert Vertenueil - Secrétaire Général

En effet, comme le dit Werner, c’est révoltant.

Et que nous disent les banquiers, par le biais de leur institution Febelfin? Ils demandent de ne pas exagérer. Ils prétendent travailler de manière légale. Ils en veulent pour exemple notre secteur maritime pour lequel des constructions fiscales dans des pays lointains sont nécessaires. Ils n’ont pas mieux comme argument. Comme si nous étions un pays de marins avec des centaines d’entreprises maritimes aux quatre coins du monde.

Ce n’est pas correct. Il s’agit de fraude fiscale, d’escroqueries et de blanchiment d’argent.

Et les travailleurs reçoivent l’addition. Les travailleurs du textile par exemple. Leurs salaires sont au pain sec depuis des années, mais avec l’affaire des Panama Papers, il semble que certains de nos plus grands barons du textile éludent l’impôt aux Seychelles, aux Iles Vierges ou au Panama.

Au lieu de s’attaquer sérieusement à cette fraude fiscale de masse, on casse les revenus, les emplois et le bien-être des travailleurs. Le ministre de l’emploi Peeters nous met sous le nez un menu indigeste avec lequel le marché du travail sera totalement entre les mains des patrons. Il dicte dix points sur lesquels les syndicats peuvent encore négocier, mais auxquels on ne peut plus rien changer. Ha Ha Ha!

Nous ne l’acceptons pas. Nous vous expliquons ci-dessous, en dix points, à quoi revient ce catalogue des horreurs pour le travailleur. Et nous passons à la vitesse supérieure dans notre opposition envers ce gouvernement de droite, un gouvernement antisocial à la solde des patrons et des riches.