Vous êtes ici

Actualité

Lundi 17 Octobre 2016, 12:45

Congrès Carrières et Ciment - La pénibilité, l’affaire de tous

Les 13 et 14 octobre, les délégués des carrières et cimenteries étaient réunis pour un congrès professionnel commun. Ce sont deux secteurs complémentaires qui partagent les mêmes préoccupations. Ensemble, ils ont épluché les tendances dans leurs secteurs ces dernières années et se sont penchés sur l’avenir. Pour eux, il est impensable de pouvoir travailler au régime imposé jusqu’à 67 ans.

Comme de coutume, carriers et cimentiers étaient réunis à l’occasion de leur congrès professionnel. Il s’agit de deux secteurs confrontés aux mêmes conditions de travail difficiles, aux mêmes problèmes de sécurité et à la même lutte pour l’emploi. Beaucoup de points communs aussi en ce qui concerne les résultats engrangés lors des élections sociales. Dans les deux secteurs, la Centrale Générale – FGTB reste largement majoritaire au sein du CE et du CPPT. « C’est la preuve de l’excellent travail de nos délégués sur le terrain » se félicite Brahim Hilami, secrétaire fédéral en charge du secteur des carrières. Un bémol toutefois, le faible engagement des jeunes. Les délégués jettent la pierre sur l’employeur qui ne fait rien pour promouvoir l’emploi dans le secteur, en offrant principalement des contrats d’intérim ou temporaires, ou en faisant appel à la sous-traitance. Or, il est essentiel d’assurer la relève et de transmettre le savoir-faire des anciens.

Tendance différente en matière d’emploi

La crise a occasionné de nombreux dégâts sur l’emploi dans le secteur des carrières. En 2015, il a atteint son plus bas niveau historique. Le chiffre d’affaire a lui aussi diminué mais le bénéfice net a augmenté. Tout profit pour les actionnaires.
« On remarque que la valeur ajoutée reste constante mais quoi de plus normal vu qu’on produit autant avec beaucoup moins de personnes » précise Pedro Perreira, délégué chez Lhoist « Et le salaire des travailleurs n’augmente pas au prorata de la pression plus importante qui repose sur nos épaules. Les bénéfices partent chez les actionnaires.».

Le secteur des Fabriques de Ciment est constamment en ébullition. De nombreux rapprochements s’opèrent entre les grand groupe internationaux afin de faire des économies dans un contexte de faiblesse économique mondial. Ce fut notamment le cas pour Lafarge et Holcim qui, suite à leur fusion en 2015, sont devenus numéro 1 mondial dans le secteur. Malgré ce contexte d’instabilité presque permanente, l’emploi augmente. Depuis 2012, il a augmenté de 17,3% mais pas chez les ouvriers qui représentent désormais moins de 50% de l’ensemble du personnel.

La solidarité a payé

Les négociations pour la CCT 2015-2016 dans les carrières n’ont pas été simples. Ce fut particulièrement houleux dans les fours à chaux où les employeurs ont bloqué les négociations. Les travailleurs du sous-secteur, rejoints par les travailleurs du porphyre, ont mené un mouvement d’actions et de grève qui a duré une semaine. Suite à ça, les employeurs sont revenus à la raisons et un accord a été trouvé. « Nous voulons privilégier les négociations au niveau du secteur. De tels accords permettent que les petites entreprises et les grandes entreprises soient logées à la même enseigne. Que tous les travailleurs puissent bénéficier d’améliorations en matière de conditions de travail et de salaire. Je tiens à saluer cette grande solidarité au niveau du secteur. » se félicite Brahim Hilami, Secrétaire fédéral en charge des carrières.

Enquête pénibilité dans les carrières

La FGTB met la pression sur le gouvernement pour que l’on prenne en compte la pénibilité au travail dans le cadre des fins de carrière. Travailler jusque 67 ans, ça relève de l’utopie pour les carriers et les cimentiers. Une enquête réalisée par l’ULB dans les carrières à la demande de notre centrale a d’ailleurs apporté une série d’arguments allant dans ce sens. Arguments qui peuvent aisément être transposés aux cimentiers.

« Les travailleurs des carrières sont conscients de l’impact négatif de leur travail sur leur santé. Un élément est particulièrement révélateur : seul 7% des travailleurs pensent qu’ils vont pouvoir effectuer le même travail jusqu’à l’âge de 60 ans. » annonce Esteban Martinez, co-auteur de l’enquête.
Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB, est intervenu sur l’actualité concernant le dossier pénibilité. Il s’inquiète du manque de considération du gouvernement Michel envers la pénibilité au travail. Il a d’ailleurs rappelé aux carriers et cimentiers qu’il a invité Charles Michel à constater les difficultés rencontrées par les travailleurs sur le terrain. Et ainsi prouver que travailler de la sorte jusque 67 ans, c’est impossible. Le premier ministre n’a pas encore donné suite à cette invitation. Mais quoi de plus surprenant ?

Les photos du congrès professionnel