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Vendredi 23 Décembre 2016, 12:15

Congrès de la construction: à travail égal, salaire égal

Les 15 et 16 décembre, 250 délégués du secteur de la construction se sont réunis à Blankenberge. Durant leur congrès professionnel, ils ont fait l’analyse de la situation dans leur secteur au cours des 4 années écoulées. Comment l’emploi et les salaires ont-ils évolués? Ils se sont aussi tournés vers le futur: comment faire pour que l’emploi dans le secteur reste faisable?

Le secteur de la construction a été peu affecté par la crise économique. L’activité est restée à niveau et durant les 5 dernières années, elle a même augmenté. C’est ce que nous montrent aussi les bénéfices. Les entreprises de la construction s’en sortent très bien. Ce sont les actionnaires qui en profitent. Ils bénéficient d’un rendement de près de 12% sur leurs investissements.

Quant aux travailleurs, ils doivent se débrouiller avec beaucoup moins. En raison du saut d’index, le gel des salaires et de nombreuses autres mesures asociales décidées par le gouvernement, les salaires ont à peine augmenté. Grâce aux plantureux subsides salariaux du gouvernement, les coûts salariaux ont même fortement diminués pour les employeurs. Des coûts en diminution, donc des bénéfices en hausse.

Le dumping social néfaste pour les ouvriers de la construction

Au cours des 5 dernières années, le nombre de travailleurs belges dans la construction a diminué de 25.000. Cela ne signifie pas pour autant qu’il y a des pertes d’emplois dans le secteur. Le nombre d’intérimaires, de (faux)-indépendants  et surtout de travailleurs détachés a augmenté. En d’autres mots : des emplois de qualité, correctement payés sont remplacés par des statuts plus précaires.  

Ceci explique aussi les bénéfices en hausse dans les entreprises de construction. Via le dumping social, on réduit les coûts. Les travailleurs étrangers sont engagés à des salaires très bas. Pour la FGTB, c’est clair: à travail égal, salaire égal. C’est d’ailleurs dans cette optique que nous menons depuis plusieurs années déjà des actions contre le dumping social. Et nous continuerons dans le futur.

Travail pénible

Le travail pénible a été le thème central de ce congrès.  A travers des témoignages, les délégués ont partagé leurs expériences de travail pénible : les ouvriers de la construction travaillent dans le stress et des cas de burn-out ont été signalés. Il ressort aussi des témoignages qu’il y a beaucoup de concurrence, notamment vis-à-vis des sous-traitants et que l’on compte en moyenne 10 accidents par jour et pour l’année 2015, 14 accidents mortels. D’autres nous ont parlé de dos cassé à 49 ans, d’être debout tous les jours à 4 h00, des journées de travail de 12h ou encore de la flexibilité.

Et malgré tout, le gouvernement a décidé que nous devrions travailler plus longtemps. Jusqu’à 67 ans. Mais probablement que ces messieurs les ministres n’ont jamais mis les pieds sur un chantier. Pour les délégués du secteur, c’est clair: dans la construction, impossible de tenir jusqu’à 67 ans.

Il faut trouver une solution pour rendre le travail plus tenable. Pour faire en sorte que les gens n’arrivent pas à 50 ans sur les genoux. En outre, les travailleurs de la construction doivent encore avoir la possibilité de partir plus tôt. Parce que travailler jusqu’à 67 ans, ce n’est vraiment pas tenable. 

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