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Vendredi 28 Avril 2017, 9:45

Délégué du 21e siècle : "En unissant nos forces, on peut faire tomber des murs"

C’est l’histoire de Gary Pierard, un délégué actif dans une filiale de CRH, une multinationale du béton. En épluchant des documents, il constate que le groupe fournit du matériel destiné à la construction du mur entre Israël et la Palestine. Grâce à sa casquette de délégué et son opiniâtreté, il va contribuer à l’arrêt de l’approvisionnement opéré par CRH envers Israël, qui mène une politique d’apartheid.

Les multinationales sont peu scrupuleuses quand il s’agit d’engranger du profit. L’éthique est souvent reléguée aux oubliettes. Dernier exemple en date : les déclarations d’Eric Olsen, PDG du groupe LafargeHolcim, qui s’est dit prêt à vendre son ciment pour la construction du mur anticlandestins entre les Etats-Unis et le Mexique promis par Donald Trump. L’appât du gain n’a pas de limites.

C’est ce qu’a pu constater Gary Pierard, délégué au Comité d’entreprise (CE) chez Remacle béton, qui est une filiale de la multinationale CRH, active dans les matériaux de construction. En parcourant les usines appartenant au groupe dans le cadre de son mandat au Comité d’Entreprise Européen (CoEE), il s’est rendu compte que l’une d’entre elles était active en Palestine et fournissait du béton à Israël afin de poursuivre la construction du mur de séparation.

Pression pour cesser le soutien envers Israël

Interpellé par sa découverte, il décide d’ébruiter l’information autour de lui et aborde cette problématique lors du CE chez Remacle béton. « Lorsque j’ai mis ce point sur la table, nos employeurs semblaient surpris qu’une telle entreprise fasse également partie du groupe CRH. Ils ignoraient qu’ils se rendaient complices de la construction du mur entre Israël et Palestine » déclare Gary Pierard.

« Suite à cette réunion, la direction de Remacle a vraisemblablement relayé l’information en plus haut lieu et formulé son souhait de cesser cette complicité. Par la suite, le groupe CRH se séparait de l’entreprise incriminée. »

Cette action de notre délégué belge est en fait venue se greffer à l’action de ses homologues irlandais qui manifestaient déjà depuis un certain temps contre le soutien du groupe CRH envers la construction de ce mur. Sa dénonciation a permis d’accentuer la pression. Face à cette opposition de l’opinion publique, le groupe CRH n’a pas eu d’autre choix que de se séparer de l’entreprise active en territoire palestinien.

L’action entreprise par un simple délégué de la CG Namur a donc eu un impact sur un mur situé à plusieurs milliers de kilomètres. Un rôle minime qui ne permettra pas de stopper la construction du mur, mais ne dit-on pas que les petits ruisseaux font de grandes rivières ? Il s’agit en tout cas d’une nouvelle preuve de l’importance de nos délégués et des actions qu’ils peuvent entreprendre pour changer les choses.