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Mardi 17 Janvier 2017, 10:00

Gardiennage - Innovation, nouvelles compétences,… quid de la santé et de la sécurité des travailleurs?

Plus d’une centaine de militants du secteur du gardiennage se sont réunis à Blankenberge dans le cadre de leur congrès professionnel. Le menu de ces deux jours de travaux était particulièrement copieux. Les métiers du gardiennage se diversifient ces dernières années. Les travailleurs sont notamment confrontés à l’immixtion des nouvelles technologies dans leur quotidien.

Fin 2015, on recensait 16.241 ouvriers actifs dans le secteur du gardiennage. Malgré les attentats commis ces derniers mois et le climat d’insécurité qui règne dans notre pays, l’emploi dans le secteur n’a jusqu’à présent pas connu de forte hausse. Comme observé dans de nombreux autres secteurs, les employeurs engendrent bel et bien des bénéfices. Mais les travailleurs n’en bénéficient pas. Ces derniers ont d’ailleurs grandement ressenti les mesures asociales du gouvernement Michel : « Nous avons pu déterminer que le saut d’index a engendré une perte de 680€ par an pour un salaire moyen dans le gardiennage. Si l’on reporte cette somme durant toute la carrière, la perte financière est énorme. » dénonce Filip Misplon, économiste à la Centrale Générale – FGTB.

Privatisation des tâches policières

La Loi Tobback régit l’organisation de la sécurité privée en Belgique, et ce depuis 25 ans. Cette loi est actuellement soumise à la révision par le gouvernement. Notre syndicat craint que cette modification entraine un assouplissement des règles, uniquement dictée par des motivations économiques. Il est à craindre que certaines compétences actuellement propres aux agents de police soient transférées vers les agents de gardiennage. « Il est essentiel d’encadrer la nouvelle loi Tobback pour fixer des limites. L’intervention des agents de gardiennage doit rester préventive. L’Etat doit garder le monopole de la contrainte avec arme. » déclare Klavdija Cibej, secrétaire fédérale en charge du secteur.

Transports de fonds en difficulté

Alors que la tendance est à la stabilité dans le secteur, le transport de fonds est en perte de vitesse. Il souffre de la généralisation des paiements électroniques ainsi que de la fermeture des banques. Au point que Comeos ait récemment qualifié cette branche du secteur de « trop complexe et trop coûteuse ». Pour eux, un assouplissement de la loi est nécessaire et faisable. « C’est vite oublier que les mesures de sécurité, et notamment la valise intelligente, ont permis de réduire les attaques de fourgons. Notre centrale s’opposera à toute forme d’atteinte à la sécurité des transporteurs, et des citoyens » prévient Klavdija.

L’innovation, du pour et du contre

A l’heure où caméras intelligentes, lecteurs de badge , biométrie ou autres puces de géolocalisation s’immiscent de plus en plus dans les entreprises, les délégués sont inquiets pour l’avenir de l’emploi: « On a l’impression que les patrons sont davantage des vendeurs de matériel que de services. On se demande si les agents de gardiennage ont encore un avenir ou si l’objectif est de nous remplacer par des informaticiens » s’inquiète un délégué.

L’innovation va transformer le métier de garde, c’est inéluctable. Les nouvelles technologies peuvent apporter un plus dans le quotidien des agents de gardiennage, notamment en matière de sécurité mais elles peuvent aussi jouer en leur défaveur en entrainant la suppression de postes de travail. Les délégués estiment qu’il est urgent de discuter de l’aspect innovation dans les organes de concertation et prendre une série de dispositions pour protéger les travailleurs.

L'album photo du congrès

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