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Point de vue

Mardi 26 Avril 2016, 15:30

Rien ne nous arrêtera

Si toutes les femmes et tous les hommes qui vivent du salaire de leur travail se mettent côte à côte, si nous unissons tous nos forces, rien ne pourrait nous empêcher d’obtenir une société plus sociale. Avec des emplois à dimension humaine, avec des revenus et des systèmes de protection qui garantiraient à tous une vie digne et pleine de sens. Si nous tapons tous ensemble du poing sur la table, nous serions plus forts que le pouvoir du capital.

C’est ce que nous avons fait lorsque nous avons exigé l’interdiction du travail des enfants, lorsque nous avons réclamé la journée de huit heures de travail ou lorsque nous avons été en mesure de généraliser nos caisses de solidarité en un système légal de sécurité sociale. A chaque fois, le pouvoir du capital a sorti les griffes, mais à chaque fois aussi, il a dû céder. Céder face à la volonté solidaire du peuple.

Réunir nos forces, c’est ce que nous devons faire aujourd’hui. Nous devons forger un vaste front constitué de syndicats, de partis progressistes de gauche, de mouvements citoyens, d’activistes contre la dégradation de l’environnement, contre la pauvreté, le racisme ou la violence. La fête du 1er mai est le jour symbolique par excellence pour mettre cela en chantier. Aujourd’hui plus que jamais. 

Plus que jamais parce que nous sommes face à une politique de droite sans précédent, une politique de rupture. Dans les domaines sociaux et économiques, c’est l’argent qui fait la loi. Le gouvernement néolibéral veut totalement soumettre nos salaires et conditions de travail aux caprices du marché libre. Travailler à temps partiel sans horaire fixe, des semaines de travail de 45 heures, des heures supplémentaires sans récupération et sans compensation, réinstauration de la période d’essai, nouvelle diminution dans le calcul de la pension et demain, une loi sur la concurrence qui asphyxiera totalement le pouvoir d’achat et bien entendu, la muselière pour les syndicats. Tout doit passer, et à la vitesse de l’éclair.

A la vitesse de l’éclair et au mépris de la concertation sociale. Et on attend que les partenaires sociaux se prononcent d’un claquement de doigt sur une longue série de mesures extrêmement discutables auxquelles le gouvernement ne veut rien changer. En d’autres mots, les syndicats sont invités pour rallier illico presto l’avis des employeurs et accepter une série d’interventions qui auront des conséquences graves sur le bien-être des travailleurs. Ou, autrement dit, les syndicats sont invité à la boucler.

Le gouvernement de droite ne veut pas uniquement détruire nos salaires et conditions de travail, il veut aussi réduire le droit à la parole des travailleurs. La concertation sociale est vidée de sa substance. La démocratie sociale et économique sont jetées au bac. Tous les cinq ans, il y a les élections politiques et cela devra suffire, entre-temps, tout le monde est invité à se taire, en particulier les syndicats.

Cela ne peut plus durer. Nous devons inverser la tendance. Et pour cela, nous devons unir nos forces. Il faut redonner plus d’espace à la participation pleine et démocratique. Il faut refaire de la place pour une société plus sociale. C’est pour cela que la FGTB se bat. Pensez-y lorsque vous irez bientôt voter lors des élections sociales.

Robert Vertenueil (Secrétaire général) - Werner Van Heetvelde (Président)

Les festivités du 1er mai