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Vendredi 4 Novembre 2016, 11:15

Stopper la précarisation de l'emploi dans l'entretien du textile

Comme pour bon nombre de secteurs, la crise économique a occasionné des dégâts dans l’entretien du textile. L’activité autour des vêtements de travail, et inéluctablement leur nettoyage, est fortement tributaire de la croissance économique. Bien qu’en 2015, la croissance ait repris dans le secteur, les travailleurs n’en récoltent pas les fruits. L’emploi diminue, la charge de travail augmente, et les salaires ne suivent pas.

Le client est roi

Le secteur est miné par une véritable guerre des prix. Pour décrocher des contrats, les employeurs n’hésitent pas à proposer des tarifs plus bas que leurs concurrents, et les clients n’hésitent pas à jouer de cette concurrence. Les travailleurs ressortent grands perdants de ce marchandage. Afin de compenser la bassesse des prix, le secteur investit largement dans l’automatisation. Les employeurs peuvent ainsi économiser sur les heures de travail, et donc le nombre de travailleurs. Plutôt que de les soulager, l’automatisation augmente la pression sur les travailleurs : polyvalence, plusieurs tâches en même temps, accroissement du rythme de travail. « Nous devons placer 400 pièces par heure dans les plieuses, sans quoi on nous met la pression. Peu importe que l’on doive décoincer le linge dans les machines, les employeurs n’en ont rien à faire. Le rythme est le même, peu importe l’âge ou le sexe », précise une déléguée.

Pénibilité du travail

L’autre pôle d’économie se trouve dans la prévention en matière de santé et de sécurité. Ainsi, les employeurs n’hésitent pas à réduire le matériel de protection des travailleurs : « Dans notre entreprise, nous avons pour consigne de garder les mêmes gants pendant trois semaines afin de trier des vêtements d’hôpitaux souillés par le sang et autres matières insalubres. Et ce sont des gants de jardinage… une aiguille pourrait facilement les perforer » indique un délégué. Ce n’est qu’un exemple parmi de nombreux autres de manquements en matière de sécurité. Les délégués appellent les employeurs à investir de toute urgence en matière de prévention, et les clients à faire preuve de transparence concernant la dangerosité des textiles envoyés au lavage.

Résister au travail en équipes

Autre tendance, le travail en équipes a vu sa cote grimper en flèche auprès des employeurs des blanchisseries, avec les compliments du gouvernement Michel. « Alors que seul 0,5% des entreprises avaient recours à ce système en 2004, 22,8% d’entre elles ont instauré le travail en équipe en 2016. Les subventions salariales proposées par le gouvernement ont convaincu les employeurs de l’intérêt de ce régime. Lors des prochaines négociations sectorielles, nous allons devoir résister à la pression des employeurs friands de ce régime. » s’insurge Elie Verplancken, secrétaire fédéral en charge du secteur.

Renforcer la délégation syndicale

L’enjeu des prochaines négociations dans le secteur résidera dans l’amélioration du statut de la délégation syndicale. Elie Verplancken estime que la convention actuelle porte préjudice au travail syndical : « Nous demandons une sérieuse amélioration de la réglementation. Ça passe par la liberté de désigner les délégués, une augmentation du nombre de mandats et une baisse du seuil à 30 travailleurs. Améliorer le statut de la délégation syndicale est essentiel afin d’accroitre les possibilités d’action dans les entreprises. »

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