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Négociation sectorielle

Mardi 9 Juin 2015, 11:45

Un nouvel accord sectoriel pour la chimie

8 millions d’euros par an pour rendre le travail plus humain. Et améliorer les salaires les plus bas. Voilà les deux éléments les plus frappants de la nouvelle convention sectorielle de travail pour le secteur de la chimie. Il s’agit clairement d’un accord de solidarité. 

Cet accord prête une grande attention aux salaires les plus bas. C’est un choix évident pour plus de solidarité. Les salaires minimums sectoriels et les primes d’équipes minimales seront augmentés. Et ce qui est le plus important, c’est que les salaires réels des entreprises non conventionnées de la chimie seront majorés de 0,5%. Cette disposition sectorielle permettra aux travailleurs qui sont occupés dans de petites entreprises et qui n’ont pas la possibilité de conclure un accord d’entreprise d’améliorer leur situation. De plus, la cotisation patronale pour la pension complémentaire (2ème pilier) augmentera de 0,15% du revenu annuel et ce à partir de 2016.

Une disposition importante qui vise à rendre le travail plus faisable a finalement été convenue: la création d’un fonds de solidarité pour les travailleurs, appelé ‘fonds démographie’. Ce fonds a pour objectif d’appuyer toute initiative visant à promouvoir l’humanisation du travail. Par exemple l’instauration de plans pour l’emploi des travailleurs âgés dans le cadre de la CCT n°104, la possibilité de passer du travail en équipe au travail en journée ou encore l’introduction de jours d’ancienneté complémentaires. Bref, des efforts visant à rendre le travail plus faisable. C’est une cause pour laquelle nous luttons depuis longtemps en tant que syndicat et pour laquelle nous nous battons encore davantage maintenant que le gouvernement de droite décide de rendre les carrières encore plus longues et plus lourdes. Une décision que nous continuons d’ailleurs de contester. A ce propos, syndicats et employeurs préparent ensemble un avis sur les métiers lourds. Quand on parle de carrières plus longues dans la chimie, il faut tenir compte du travail en équipe et l’utilisation de produits dangereux.

Les employeurs affecteront 0,15% de la masse salariale des ouvriers, employés et cadres dans le nouveau fonds, ce qui équivaut à un montant de 8 millions d’euros environ.

L’accord sectoriel comprend également d’autres points qui méritent eux aussi d’être mentionnés. Tous les systèmes de RCC – la prépension – restent en vigueur. Toutes les formes de crédit-temps et d’emplois de fin de carrière restent d’application. L’allocation complémentaire chômage en cas de chômage partiel augmente de 9,5 euros à 10 euros en 2016. Enfin, l’accord prévoit aussi que même les petites entreprises qui ne relèvent pas de l’application de la loi Renault devront informer et consulter les syndicats quand elles envisagent une restructuration et ce afin d’assurer au maximum la défense de l’emploi.

Seul bémol, les cadres sont exclus des conditions minimales convenues. Une fois de plus, ils doivent faire sans.

Télécharger le Projet d'Accord National 2015-2016 pour l'industrie chimique