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Travail en équipes et de nuit

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Le travail en équipes et de nuit est particulièrement nocif pour la santé des travailleurs, c’est un fait. Mais le gouvernement des patrons et des riches n’en a rien à faire, il encourage ce système et n’hésite pas à accorder de généreuses réductions de cotisations aux entreprises qui y ont recours. La Centrale Générale – FGTB est particulièrement sensible à cette problématique dans la mesure où bon nombre de nos secteurs sont concernés. On pense à l’industrie, mais aussi au nettoyage ou encore au gardiennage pour ne citer que quelques exemples.

Les méfaits pour les travailleurs, les avantages pour les patrons

Plusieurs études ont prouvé la nocivité du travail en équipes et de nuit pour la santé des travailleurs. Les méfaits peuvent aller de la simple prise de poids à des troubles du sommeil, voire dans certains cas à des problèmes cardio-vasculaires. Malgré cette évidence, le gouvernement de droite va une fois de plus rendre le travail en équipes et de nuit plus avantageux pour les employeurs. Avec la défiscalisation partielles du travail de nuit, le gouvernement rend le travail de nuit moins cher pour les employeurs, sans la moindre condition en matière d’amélioration des conditions de travail.

Une banalisation inacceptable

Le travail en équipes et de nuit est banalisé. Ce type de travail devient “normal” et non plus exceptionnel. Il n’y a aucune considération pour les problèmes de santé et les difficultés pour combiner travail et vie privée en raison de ce travail. Aujourd’hui, la situation en matière de défiscalisation du travail de nuit est telle, qu’on en arrive à faire travailler les gens 24h/24, 7j/7 même quand ce n’est pas nécessaire, mais uniquement pour faire un maximum de bénéfices.

Impact sur la santé des travailleurs

Il est un fait avéré, le travail en équipes et de nuit a des conséquences néfastes sur la santé des travailleurs. Pire, ce sont les travailleurs qui financent eux-mêmes une partie de leur travail en y laissant souvent au passage leur santé et parfois même leur famille, amis et vie sociale.

Des troubles du sommeil

Le travail posté ou de nuit a pour première conséquence des troubles du sommeil. Près de 10% des travailleurs concernés souffrent d’insomnies. Des troubles qui révèlent une mauvaise tolérance à ces horaires élastiques et qui les exposeraient à un risque de morbidité élevé.

On constate aussi plus d'accidents, d'absentéisme, de dépressions et de troubles dans les activités familiales ou sociales chez les travailleurs postés. Les rapports annuels du Fonds des Accidents du Travail montrent un pic des accidents vers 4 heures du matin et un pourcentage plus élevé d’accidents de la route chez les travailleurs en fin de la pause de nuit.

Travail de nuit « cancérogène »

Plus grave encore, le centre International de recherche sur le Cancer vient récemment de classer le travail de nuit comme probablement cancérogène. De même, les femmes travaillant de nuit depuis longtemps ont un risque plus élevé de développer un cancer du sein. Le travail de nuit accroît également le risque d'apparition ou de développement de tumeurs.

Un coût pour la sécurité sociale

De manière plus générale, le travail en équipes et de nuit occasionne une surconsommation de médicaments, notamment des psychotropes, mais également des anxiolytiques, des médicaments hypnotiques, des sédatifs et des antidépresseurs. Tout cela a évidemment un coût important pour la sécurité sociale.

Regarder les témoignages de notre journée d’étude sur le travail en équipes et de nuit

L’exonération du précompte professionnel : une blague nocive et couteuse

En 2004, le gouvernement Verhofstadt décidait qu’une partie du précompte professionnel ne devrait plus être payée. Il s’agissait en l’occurrence d’une exonération de 1 % du précompte professionnel. Le précompte professionnel qui est en réalité une avance sur l’impôt des personnes physiques. L’employeur le retient chaque mois sur le salaire brut du travailleur et le reverse au fisc. Mais suite à l’exonération, l’employeur conserve une partie de cette avance. Sans contrepartie, sans obligation en matière de santé ou de création d’emplois.

Toujours plus pour les patrons

Et ce n’était qu’un début. Dès juillet 2004, l’exonération est passée à 2,5% du salaire imposable. Un an plus tard, on passait à 5,63%. Et ainsi de suite, on est arrivé à 10,7% en avril 2007 et 15,6% en juillet 2009.

En 2014, l’exonération est passée à 17,8% pour les entreprises qui ont recours au système de travail en continu.

Et à présent, le gouvernement Michel veut encore augmenter l’exonération en 2016, passant à 20,4% pour le travail en équipes et 22,6% pour le travail en continu.

En bref : une journée de la semaine payée par la collectivité.

Et toujours moins pour les travailleurs

Bien évidemment, cette exonération a pour conséquence une diminution des recettes pour le gouvernement. Selon les chiffres du bureau du Plan, si on additionne les sommes depuis 2009, cela représente presque 13 milliards.

13 milliards d’euros! Maintenant vous comprenez mieux pourquoi vous devrez attendre plus longtemps avant la pension. Pourquoi on coupe dans le budget de la sécurité sociale. Pourquoi les accises et la TVA augmentent. Il faut quand même bien que quelqu’un paie les somptueux cadeaux aux employeurs.

Chèque en blanc

Le gouvernement et les employeurs prétendent que ces mesures permettent de créer des emplois. A chaque augmentation de la part exonérée, nous sommes bombardés par toutes sortes d’estimations. Même si personne ne peut jamais nous dire combien d’emplois sont effectivement créés. Et, que personne ne peut non plus estimer combien d’emplois auraient été créés sans cette mesure. Selon le professeur Kleinknecht de l’université de Delft, l’exonération aurait même un effet négatif sur l’emploi dans la mesure où celle-ci inciterait les employeurs à moins investir dans l’augmentation de la productivité. Or, une productivité accrue, c’est justement notre plus grande force concurrentielle, ce paramètre nécessite donc une attention particulière.

L’exonération sans cesse croissante est donc une vaste blague qui coûte cher et une mesure totalement inefficace en matière d’emploi. Les employeurs reçoivent un chèque en blanc, ils n’ont aucune obligation en échange. Cette vaste blague est d’autant plus inacceptable quand on sait que le travail de nuit et en équipes est particulièrement nocif pour la santé.

Des alternatives existent

La santé du travailleur, sa vie sociale et la sécurité sociale sont donc les grandes perdantes de ce jeu de dupes. Ces exonérations accordées aux entreprises participent à la déstructuration du travail. Ce que la Centrale Générale-FGTB dénonce, ce n’est pas le recours au travail en équipes ou de nuit pour les professions ou activités qui ne peuvent s’en passer, mais bien l’octroi d’incitants financiers qui encouragent les entreprises à y recourir dans un but purement financier, au détriment de la santé des travailleurs.

En tant que syndicat, il est de notre devoir de dresser l’inventaire des conséquences néfastes du travail en équipes et de nuit et de dénoncer les effets pervers des subsides salariaux pour ces régimes. Vous pouvez nous aider à mener à bien cette mission en remplissant l’enquête en ligne.

Ensemble, nous devons trouver des pistes alternatives et mener des actions pour que le travail devienne plus humain. Nous devons trouver des solutions pour que les bénéfices engendrés par les cadeaux fiscaux retournent aux travailleurs en vue d’améliorer la qualité du travail.

Alexandre

« Je travaille en feu continu, dans le secteur de la transformation du bois. Le travail de nuit a un impact sur la vie de famille. Ma femme doit faire son horaire en fonction du mien. Quand on arrive à être ensemble, c’est maximum deux ou trois heures par jour. Quand je fais la nuit, ma femme travaille tôt le matin, ça veut dire qu’en rentrant du travail, je dois déposer les enfants chez la gardienne et à l’école. Puis j’essaie de dormir un peu. Mais le sommeil de jour n’est pas vraiment réparateur. Moi, j’ai toujours le sentiment d’être fatigué depuis 10 ans. Et plus les années passent, plus ça devient difficile. »

Linda

« Je travaille de nuit dans le nettoyage. De 21h00 à 5h00 du matin, sans autre possibilité. Avant de partir travailler, je mets les enfants au lit, je pars travailler, et au retour, je les prépare pour l’école. Je les dépose et puis seulement, je peux essayer d’un peu récupérer. Il y a aussi cette pression sur le respect des horaires. Si je dois finir à 5h00, il ne peut y avoir aucun imprévu au boulot, sinon, je stresse pour les enfants. C’est véritablement une pression sur nos épaules, d’autant plus que pour les femmes, c’est une double journée : au boulot d’abord, à la maison ensuite. »

Edwin

« J’ai 45 ans et 25 ans de travail de nuit. Personnellement, je n’ai pas encore à me plaindre d’un point de vue santé, mais je connais de nombreux collègues qui ont des problèmes. Dans certains cas extrêmes, même les médicaments ne suffisent plus. C’est alors la descente en enfer. Alcool et parfois même suicide. Moi, c’est surtout au niveau social que le travail de nuit a fait des dégâts. J’ai été marié durant 16 ans, mais au bout d’un certain temps, cette vie devient impossible pour le conjoint. Toujours devoir refuser les invitations parce qu’on travaille…à la longue, même les amis finissent par ne plus vous inviter. »

Rosetta

« Je travaille dans le gardiennage. Pour mes collègues et moi, il est très rare de commencer deux jours de suite à la même heure. Ainsi, vous pouvez très bien travailler le lundi de 22h00 à 6h00, être en pseudo repos le mardi et reprendre le mercredi à 3h45 du matin. Pour le corps, il est impossible de récupérer. Les jours de congé ne sont pas réparateurs. Très souvent, on est déboussolé au réveil. Quel jour, quelle heure, congé, pas congé ? La vie de famille devient elle aussi très compliquée. Il est quasiment impossible de planifier des activités privées. Nous sommes totalement tributaires du planning du travail qu’on ne sait rien prévoir. »

L’avis des experts

Laurent Vogel - Directeur du département santé et sécurité de l'ETUI

Docteur Marc Dujardin

« Tous les êtres vivants sont guidés par un rythme biologique. De ce point de vue-là, le travail posté est encore pire que le travail de nuit car le rythme est continuellement perturbé. Il est difficile de remettre les pendules à l’heure une fois que le mécanisme est cassé. L’Organisation Mondiale de la Santé, le dit clairement: l’homme est fait pour travailler de jour. Dans le cas contraire, le renouvellement des cellules pose problème, le système immunitaire se détériore. Les études menées aboutissent à la conclusion que le travail posté entrainerait plus que probablement des cancers. D’autre part, les travailleurs en équipes ont une chance sur deux d’êtres obèses. Autre conséquence, la vigilance est clairement affectée durant la nuit.

Docteur Jilali Laaouej

« En tant que médecins, nous sommes nous aussi conscients des dangers, c’est pourquoi nous soutenons la CG dans sa recherche de pistes pour l’humanisation du travail en équipes et de nuit. Pour cela, nous comptons beaucoup sur l’analyse des résultats du questionnaire sur les effets du travail en équipes et de nuit sur la santé. »

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  • Brochure - Travail de nuit et en équipes

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  • Travail de nuit et en équipes - Qui y gagne? Qui y perd?

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  • Test - Votre sensibilité au travail de nuit

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  • Enquête - Effet du travail en équipes sur la santé

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