Le “back to work” ne fonctionne pas

La nouvelle loi de la ministre De Block concernant la réintégration des travailleurs malades de longue durée, n’aide pas les travailleurs à reprendre le travail.

La nouvelle loi de la ministre De Block concernant la réintégration des travailleurs malades de longue durée, n’aide pas les travailleurs à reprendre le travail. La plupart du temps, elle les conduit tout droit vers le licenciement. Lors d’une journée d’étude organisée par notre centrale et par l’association de médecins Weerwerk, médecins et syndicalistes en sont arrivés à la conclusion que la loi doit être adaptée si l’objectif du gouvernement est vraiment de réintégrer les travailleurs malades sur le marché du travail.

Le nombre de travailleurs malades de longue durée a explosé ces dernières années. Les troubles musculo-squelettiques et le burn-out sont les principales affections qui confinent les travailleurs à la maison. L’organisation du travail est montrée du doigt.

Pression sur les travailleurs

Pression sur les travailleurs accrue, réorganisations, plus grande flexibilité… Au regard des exemples concrets présentés durant cette journée d’étude, il apparait clair que l’évolution de l’organisation du travail rend les gens malades : “Dans les hôpitaux, les maisons de repos, il y a pénurie de personnel partout”, témoigne un secrétaire de la FGTB pour le secteur de la santé. “De plus, tout est chronométré et évalué. Chaque travailleur doit effectuer ses tâches en un temps défini. Il arrive qu’une équipe de deux personnes doive gérer 80 patients, et la direction ferme les yeux... Ce qui rend les gens malades”.

Si on veut vraiment changer les choses et diminuer le nombre de malades de longue durée, il faut en premier lieu s’attaquer aux causes. Or, la nouvelle règlementation n’accorde aucune attention à la prévention.

Les malades licenciés

Durant la journée d’étude, syndicalistes, médecins et chercheurs ont partagé leurs expériences issues de cette règlementation. Pour eux, il est clair que la loi ne met pas de moyens supplémentaires à disposition pour aider les travailleurs à reprendre le travail. Que du contraire, elle facilite le licenciement des travailleurs. Au final, environ 70% des travailleurs ayant débuté un trajet de réintégration sont déclarés en incapacité de travail définitive, puis probablement licenciés.

Les travailleurs ont le même sentiment. Le contact avec le médecin conseil de la mutualité est souvent perçu comme négatif, “comme s’il ne voulait pas vraiment aider”, explique le docteur Aïscha Van Haeren. " Et la plupart des employeurs ne sont finalement pas disposés à chercher un emploi adapté".

Collaboration essentielle

Pour le syndicat, améliorer les échanges avec les médecins est primordial. Nous avons un intérêt commun : pour les médecins aussi, la santé du travailleur est au cœur des préoccupations. Mais trop de médecins traitants ne sont pas suffisamment au courant de la procédure. Ils ne savent pas comment aider au mieux leurs patients. Il y a également un manque de coordination entre médecin traitant, médecin conseil de la mutualité et médecin du travail, qui sont pourtant tous impliqués dans la procédure. Pour mieux guider les médecins traitants, Weerwerk a mis au point un “Guide de la réintégration”.

La concertation reste nécessaire. Mais nous continuons à plaider avant tout en faveur d’une politique de prévention et d’une véritable loi sur la réintégration qui protège les travailleurs malades et qui impose des obligations aux employeurs en matière de travail adapté.

Guide "réintégration" pour les médecins.