Droits syndicaux en Belgique et dans le monde : une situation alarmante

Ce mercredi 19 juin, la Confédération Syndicale Internationale a présenté l’indice CSI des droits dans le monde 2019. Force est de constater que les droits syndicaux ne s’améliorent pas, la situation empire d’année en année.

Comme chaque année, l’indice CSI a établi un classement relatif aux droits des travailleurs, tant dans la loi que dans la pratique pour 145 pays. Les conclusions du rapport sont alarmantes : 

  • Des syndicalistes ont perdu la vie dans dix pays : Italie, Turquie, Bangladesh, Brésil, Colombie, Guatemala, Honduras, Pakistan, Phlippines et Zimbabwe.
  • 85% des pays du monde ont bafoué le droit de grève.
  • 80% des pays privent une partie ou l’ensemble des travailleurs de la négociation collective.
  • Le nombre de pays qui excluent les travailleurs du droit d’établir un syndicat ou d’y adhérer a augmenté, passant de 92 en 2018 à 107 en 2019.
  • Les travailleurs n’avaient pas d’accès, ou un accès limité, à la justice dans 72 % des pays.
  • Le nombre de pays où les travailleurs ont été arrêtés et détenus est passé de 59 en 2018 à 64 en 2019.
  • Des 145 pays étudiés, 54 interdisent ou limitent la liberté d’expression et de réunion.
  • Les autorités ont entravé l’enregistrement de syndicats dans 59 % des pays.
  • Les travailleurs ont été victimes de violence dans 52 pays.

Belgique aussi en recul….

Ces chiffres font froid dans le dos. Défendre les droits de travailleurs se compliquent d’année en année. Des travailleurs ont été arrêtés et détenus dans 25% des pays d’Europe, dont la Belgique ! Même si la répression n’est pas vraiment comparable avec la violence que connaissent certains autres pays du monde, la pression exercée sur les libertés syndicales dans notre pays inquiète. Les travailleurs de notre pays ont eux aussi subi de plein fouet la politique de démolition sociale qui s’étend dans le monde. 

Ainsi, en 2018, 18 membres de la FGTB ont été poursuivis pour "entrave méchante à la circulation" lors d’une grève. A l’heure actuelle, la procédure est toujours en cours.  Citons également le président de la section de la FGTB d’Anvers, Bruno Verlaeckt, qui a fait l’objet d’une condamnation, mais sans sanction. Il avait été arrêté et privé de liberté durant plusieurs heures lors d’une manifestation pacifique, qui consistait à mettre en place des piquets de grève pour attirer l’attention du public sur nos revendications. Même en l’absence de sanction, la FGTB a fait appel de cette condamnation qui porte atteinte aux libertés syndicales. Le jugement sera d’ailleurs rendu dans quelques jours (plus d’info). 

  • Quarante pour cent des pays excluent les travailleurs du droit de constituer un syndicat ou d’y adhérer.
  • Soixante-huit pour cent des pays 68 % ont enfreint le droit de grève.
  • Cinquante pour cent des pays ont violé les droits de négociation collective


Pour Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, il est temps de changer les règles pour que les citoyens retrouvent leur espoir en la démocratie : « Les syndicats se trouvent en première ligne d’une lutte pour revendiquer les droits et libertés démocratiques face à la cupidité des entreprises à laquelle sont soumis les gouvernements de manière à porter atteinte aux droits des travailleurs. Nous avons besoin d’un nouveau contrat social entre travailleurs, gouvernements et entreprises afin de restaurer la confiance. »

Consulter le rapport de la CSI