Le travail faisable, un des défis majeurs de l’industrie du textile
Début décembre, quelque 100 travailleurs de l’industrie du textile se sont réunis à l’occasion du congrès professionnel de la FGTB Textile. Les militants ont saisi l’occasion pour partager des idées enrichissantes sur les deux thèmes principaux, à savoir ‘le travail faisable’ et ‘l’avenir de l’industrie textile.’ Rétrospective de ces deux journées intéressantes et enrichissantes.
Le travail faisable dans le textile
Le stress au travail, la motivation, les opportunités d’apprentissage et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ont un impact sur la faisabilité d’un emploi. En outre, des indicateurs de risque tels que la charge du travail, la variation des tâches et la charge physique peuvent également avoir un effet. Nos délégués sont sur la même longueur d’onde lorsque la thématique du travail faisable est abordée :
Le travail faisable signifie également que les travailleurs âgés arrivent à gérer le travail, que le travail est d’un niveau qui leur permet encore de prester. Une charge de travail moins importante et moins de pression sur les tendons et le dos en font également partie. Le fait de soulever des charges et de répéter les mêmes mouvements pendant des années provoque des inflammations. Heureusement, les choses s’améliorent. Avant, les rouleaux étaient par exemple déposés manuellement dans les bacs, aujourd’hui, ils sont envoyés au dépôt par une machine. Et nous continuons d’amener ces questions au CPPT, pour qu’elles soient traitées. Nos collègues sont extrêmement reconnaissants ! Il n’est cependant pas possible de tout remplacer au sein de notre secteur. Les bobines d’environ 9 kg, par exemple, sont encore remplacées manuellement, ce qui est assez lourd. – Patrick
Le travail faisable, c’est un travail adapté au travailleur, un travail conçu de manière ergonomique pour qu’ils se sentent à l’aise. Mon poste de travail a été modernisé il y a une dizaine d’années. Les machines ont été adaptées sur le plan ergonomique. La hauteur des machines a été ajustée, de sorte qu’il faut moins se baisser, par exemple. – Stephanie
Quel futur pour l’industrie textile ?
L’industrie textile est sous pression en Belgique. Le secteur fait face à l’automatisation, la globalisation et la délocalisation. Mais il est également impacté par la concurrence internationale, la hausse des coûts de production ou encore la modification du comportement des consommateurs. Les entreprises sont confrontées à des fermetures, des faillites et des restructurations, ce qui entraîne des pertes d’emploi.
Fakhir confirme que les choses n’ont pas été faciles dans le secteur en raison de la guerre en Ukraine et des crises successives. Dans son entreprise, l’accent est surtout placé sur l’innovation au niveau qualitatif et écologique. Patrick acquiesce et ajoute que la concurrence est de plus en plus forte et qu’il faut donc investir davantage dans la qualité ! Dans l’entreprise de Stéphanie également, l’innovation est un élément central : une nouvelle station d’évaporation chimique est en cours d’installation, on envisage de recycler des vêtements d’hôpital et les vêtements de l’armée y sont recouverts d’un revêtement antimoustique. Alors que les trois entreprises de nos délégués investissent et innovent, l’avenir de l’entreprise de Patricia est menacé. L’entreprise en est déjà à sa troisième vague de licenciements et un site a déjà fermé ses portes. Il n’y a pas d’innovation, sauf sur le plan informatique… Ce qui a cependant changé, c’est la vitesse à laquelle il faut produire. On peut accepter d’augmenter les cadences, mais il faut veiller à ce que les travailleurs ne soient pas en danger !