Les frais administratifs plongent les aide-ménagères dans l’incertitude

Près d’une aide-ménagère sur deux perd des heures de travail chez ses clients en raison des frais administratifs élevés facturés par les entreprises de titres-services. C’est ce qui ressort des résultats de l’enquête de la FGTB Titres-services intitulée « Perte de clients dans les titres-services » (voir ici) diffusée le 19 mars et à laquelle 1.711 aide-ménagères ont répondu.

46 % perdent des clients
Les résultats montrent une tendance claire : près de la moitié des répondantes ont perdu des heures de travail chez leurs clients depuis le début de l’année 2025. En moyenne c’est près d’un client par aide-ménagère qui quitte le système des titres-services. Toutefois, l’impact sur la sécurité de l’emploi et sur les revenus de ces travailleuses se fait déjà sentir.

Les principales raisons de cette perte de clients et d’heures de travail ? Selon 65 % des aide-ménagères, cela est principalement dû aux frais administratifs élevés que les entreprises de titres-services facturent à leurs clients. Par ailleurs, 64 % pointent la hausse du prix du titre-service lui-même, passé à 10 €. D’autres causes, comme des raisons privées (19 %) et la numérisation des titres-services (13 %), sont jugées beaucoup moins déterminantes.

Plus de pression au travail, moins de revenus
« Le secteur devient tout simplement trop cher pour les clients, car les entreprises facturent des frais administratifs toujours plus nombreux et plus élevés. Les aide-ménagères en paient ensuite le prix lorsque les clients se retirent », déclare Sebastien Dupanloup, secrétaire fédéral de la FGTB et responsable du secteur.

Selon lui, la perte d’heures et de clients met encore davantage les travailleuses sous pression : «Contrairement à ce qu’affirment les entreprises qui demandent des frais aux clients, cet argent ne va pas dans l’amélioration les conditions de travail des aide-ménagères.»

Les résultats de cette enquête sont clairs : l’augmentation des frais administratifs dans le secteur ne dissuade pas seulement les clients, elle mine aussi directement la sécurité et la qualité de l’emploi de milliers d’aide-ménagères.

« Des mesures doivent être prises de toute urgence pour limiter les coûts pour les clients et améliorer la qualité des emplois dans le secteur », conclut Sebastien.