Grève dans les ETA bruxelloises : les travailleurs réclament des chèques-repas et la reprise des négociations

Les travailleurs des entreprises de travail adapté (ETA) bruxelloises étaient en grève ce lundi 15 juin à l'appel du front commun syndical. Des piquets et rassemblements ont été organisés dans 9 des 12 ETA de la Région bruxelloise afin de dénoncer le blocage des négociations sectorielles et de réclamer des mesures concrètes pour améliorer le pouvoir d'achat.

Les revendications portent notamment sur l'introduction de chèques-repas dans l'ensemble des ETA, l'augmentation de ceux qui existent déjà, ainsi que sur plusieurs dossiers liés aux conditions de travail et à la sécurité financière des travailleurs.

Des négociations dans l'impasse

Cette mobilisation intervient dans un contexte de blocage des négociations sectorielles au sein de la commission paritaire 327.02, qui couvre les entreprises de travail adapté bruxelloises.

Selon le front commun syndical, les discussions menées depuis plusieurs mois n'ont pas permis d'aboutir à des avancées concrètes. Les employeurs ont quitté la table des négociations sans accord sur la question des chèques-repas, pourtant au cœur des préoccupations des travailleurs.

Le préavis de grève déposé récemment se voulait avant tout un signal d'alerte. Faute d'évolution dans les discussions, les travailleurs ont décidé de passer à l'action.

Un pouvoir d'achat sous pression

Sur le terrain, les travailleurs font face à une réalité économique de plus en plus difficile. Dans de nombreuses ETA, les salaires se situent autour du salaire minimum, soit environ 2.000 euros bruts par mois.

Les périodes de chômage économique aggravent encore la situation. Dans certains cas, les revenus mensuels peuvent descendre aux alentours de 1.200 euros nets.

"Les travailleurs des ETA ne demandent pas des privilèges. Ils travaillent dur tous les jours malgré les difficultés. Ils demandent à pouvoir vivre dignement de leur travail. Ils demandent le respect", souligne le secrétaire régional de la Centrale Générale FGTB.

Pour les organisations syndicales, l'augmentation du coût de la vie rend la situation particulièrement préoccupante pour de nombreux travailleurs du secteur.

Des revendications concrètes

Le front commun syndical demande plusieurs mesures destinées à améliorer les conditions de vie et de travail dans les ETA bruxelloises.

Parmi les principales revendications figurent :

  • l'introduction de chèques-repas dans toutes les ETA ;
  • la revalorisation des chèques-repas existants ;
  • une amélioration des indemnités liées au chômage économique ;
  • des avancées sur la formation et les fins de carrière ;
  • un encadrement du recours aux flexi-jobs.

"Beaucoup peinent à boucler leurs fins de mois et doivent faire des choix impossibles entre se nourrir, se soigner ou payer leurs factures", rappelle Abdelhamid Slimani.

Un appel aux employeurs et aux pouvoirs publics

À travers cette journée d'action, le front commun syndical appelle les employeurs à reprendre les négociations et à revenir avec des propositions permettant de répondre aux préoccupations des travailleurs.

Les syndicats interpellent également les pouvoirs publics, notamment la COCOF et le service PHARE, afin que les financements publics accordés au secteur contribuent pleinement à garantir des conditions de travail et de vie dignes pour les travailleurs des ETA.

Pour les organisations syndicales, la reprise rapide d'un dialogue constructif reste aujourd'hui la priorité.