Troisième prolongation de la protection pour Vynova Belgium  « L’incertitude pèse de plus en plus lourd sur les travailleurs »

L’incertitude continue de planer sur les 600 travailleurs de Vynova Belgium à Tessenderlo-Ham. L’entreprise chimique demande pour la troisième fois une prolongation de la protection contre ses créanciers, faute d’offre contraignante de la part du ou des candidats à la reprise. La FGTB Chimie reste optimiste quant à la possibilité de trouver une solution, mais souhaite attirer l’attention sur cette situation qui, après huit mois, commence à peser de plus en plus lourd sur les travailleurs.

À la fin de l’année dernière, Vynova Belgium a introduit une demande de réorganisation judiciaire. Avec une dette d’au moins 275 millions d’euros et la maison mère allemande ICIG qui se soustrait à ses responsabilités, une reprise constitue la seule option pour assurer l’avenir de l’entreprise.

La protection contre les créanciers a entre-temps déjà été prolongée à deux reprises et court actuellement jusqu’au 26 septembre. Lors de la précédente prolongation, la direction indiquait que les discussions avec les candidats à la reprise étaient à un stade avancé et se déroulaient de manière constructive. Cependant, lors du conseil d’entreprise extraordinaire du 18 août dernier, les syndicats ont appris que l’offre contraignante nécessaire n’était toujours pas sur la table. Le ou les candidats à la reprise ont besoin de davantage de temps pour finaliser leur dossier, mais aucune garantie n’existe à ce stade.

« Cette nouvelle est inattendue et difficile à encaisser. Nous gardons espoir et la pérennité de Vynova reste également pour nous la priorité absolue. Mais cette procédure dure déjà depuis huit mois et elle pèse lourdement sur les travailleurs. On leur demande de faire preuve de patience, de confiance et de flexibilité. Chaque jour, ils continuent à travailler pour maintenir Vynova sur les rails, mais ils sont de plus en plus inquiets pour leur avenir », déclare Sarah Mebis, secrétaire de la FGTB Chimie Limbourg.

Une inquiétude d’autant plus compréhensible que les conséquences de la situation se font de plus en plus sentir sur le terrain. Ces derniers mois, d’importantes économies ont été réalisées : les travailleurs qui quittent l’entreprise ne sont provisoirement pas remplacés et certains départements fonctionnent avec des effectifs très réduits. Conséquence : la charge de travail augmente.

La FGTB Chimie a donc insisté auprès de l’employeur pour qu’une concertation ait lieu. « Nous comprenons que la situation est complexe et qu’il n’est pas possible de lever aujourd’hui toutes les incertitudes. Mais il n’est pas tenable de laisser cette situation se prolonger encore pendant des mois. Les travailleurs méritent de la clarté, ils doivent rester impliqués dans les développements futurs et leurs préoccupations doivent être prises au sérieux. »