Déclaration européenne contre la traite des êtres humains

En juillet 2022, le plus important cas de traite des êtres humains est découvert sur le site de l’entreprise Borealis au port d'Anvers. Quelques semaines plus tard, plusieurs dizaines de victimes seront de nouveau exploitées sur le site voisin de BASF. Ces sinistres découvertes ont levé le voile sur les conditions de travail et de vie réservées aux travailleurs migrants exploités en sous-traitance dans l’industrie chimique. Outre la défense et l’accompagnement des victimes, nous avons porté ce thème au sein du Dialogue social européen. Un accord sur les droits des travailleurs migrants vient d’y être conclu. 

La défense et la représentation des travailleurs font partie des principales missions des syndicalistes. Ces missions s’appliquent indépendamment du contrat de travail, des origines et des croyances des travailleurs. Raisons pour lesquelles nous avons dénoncé les conditions de travail et de vie des travailleurs migrants découverts sur les sites de Borealis et de BASF à l’été 2022. Pour eux, la Belgique était loin d’être un eldorado : plus de 12 heures de travail par jour, 3,50 euros de l’heure, logés dans des bâtiments insalubres,… Impossible de se taire face à une telle justice.

Parallèlement à nos initiatives nationales (déclarationpublicationsinterpellationsjournée d’étude,…), nous avons porté cette problématique au sein du Dialogue social européen de la chimie. Après d’âpres et longues discussions, une Déclaration commune entre syndicats et patronat a été rédigée. 

Emploi de qualité et droits des travailleurs migrants

Ce texte met en avant la notion d’emplois de qualité pour tous les travailleurs, y compris ceux issus de l’immigration et de la sous-traitance. La notion d’emploi de qualité y est aussi définie : salaire équitable, accès aux formations et développement des compétences, conciliation vie privée-vie professionnelle, sécurité et prévention au travail,. 

Par ailleurs, les interlocuteurs sociaux de la chimie mettent en avant l’importance d’avoir des règles européennes claires en matière de migration. De même, ils pointent la nécessité de renforcer les services d’inspection en renforçant notamment l’Autorité européenne du travail. Enfin, les représentants syndicaux et patronaux s’accordent sur l’importance de la concertation sociale : en cas de recours à la sous-traitance, les représentants des travailleurs doivent être impliqués. 

Pour Andrea Della Vecchia, Secrétaire fédéral FGTB Chimie-Pétrole, ce compromis survenu à l’échelle européenne et sectorielle ne répond pas à toutes les attentes syndicales mais constitue une avancée en matière de défense et de protection des travailleurs migrants : « La Déclaration comporte des éléments importants syndicalement tels la notion d’emplois de qualité et l’implication des délégués en cas de recours à la sous-traitance. Notre combat continue pour protéger tous les travailleurs indépendamment de leurs contrats de travail et de leurs origines ».