Les travailleurs sont l'avenir de la chimie ! Il faut changer de cap maintenant !
Force est de constater que les décisions prises jusqu’à présent par les politiques et les employeurs du secteur de la chimie ne fonctionnement pas : subsides et dérégulations s’accumulent… et la situation dans la chimie empire. Il ne se passe pas une semaine sans l’annonce de pertes d’emplois. Des chiffres ? En Europe, au moins 21 sites ont annoncé des fermetures, 30 000 emplois ont déjà été affectés et sans intervention, ce chiffre pourrait atteindre 200 000 en cinq ans. Pour la CSCBIE, la CNE, la FGTB Chimie et la CGSLB, c’est le moment de changer de cap en plaçant les travailleurs et le climat au centre des préoccupations. Et en impliquant les syndicats dans les prises de décisions.
Dans le cadre d’initiatives formelles ou informelles, à l’échelle d’une région, du pays ou de l’Union européenne, politiques et employeurs s’invitent, s’accueillent, se serrent la main et prennent des décisions. Prochains rendez-vous ? 11 et 12 février prochains à Anvers et à Alden-Biesen (dans le Limbourg). Au menu des échanges ? L’avenir de l’industrie. Au menu des conclusions ? Subsides et dérégulations. Au rayon des absents ? Les syndicats. Pas conviés, pas consultés, pas impliqués. L’avenir des travailleurs se discutent sans eux. Par souci de facilité pour les organisateurs ? Sans doute car les représentants des travailleurs viendraient avec des attentes liées aux emplois de qualité et à la justice sociale. Par souci d’efficacité ? Là, le bât blesse : les nombreuses décisions prises au cours des dernières années sur l’avenir de l’industrie ne fonctionnement pas. Subsides et dérégulations ne pérennisent pas les activités industrielles et n’orientent pas les entreprises vers une transition plus respectueuse des travailleurs et du climat. Pour les syndicats belges de la chimie, c’est le moment de changer de cap : les travailleurs doivent être impliqués dans les prises de décisions. Et en matière de solutions…
Quelles solutions ?
Les syndicats demandent quatre mesures clés :
Tout d’abord, protégeons les travailleurs .
Durant la période covid, les travailleurs de la chimie étaient jugés « essentiels ». Grâce à eux, les entreprises ont continué à fonctionner et ont engrangé des bénéfices pharamineux. Aujourd’hui, les employeurs disent aux mêmes travailleurs : on n’a plus besoin de vous. C’est inacceptable. « Les travailleurs ne sont pas des variables d’ajustement. Ils sont au cœur des activités du secteur. Ils créent de la valeur. Sans eux, il n’y a pas d’industrie chimique », souligne Koen De Kinder de la CSCBIE. Changer de cap signifie placer les travailleurs au centre des préoccupations.
Deuxièmement, une énergie abordable, durable et prévisible.
La situation actuelle pointe surtout les effets négatifs de la dépendance aux énergies fossiles de notre pays, et plus largement, de l’Europe. « C’est le moment d’accroître notre indépendance énergétique et de favoriser le recours aux énergies renouvelables », vise Andrea Della Vecchia de la FGTB Chimie. Pour y parvenir, notre secteur doit pouvoir compter sur un accroissement accéléré des capacités d’énergies renouvelables, favorisés par l’intervention des pouvoirs publics et par le conditionnement des aides aux entreprises. Là aussi, c’est un changement de cap : « Stop aux chèques en blanc ! N’essayons pas de concurrencer les autres pays sur les énergies fossiles. C’est une course perdue d’avant et d’un autre temps ».
De plus, la demande et la production en Europe doivent être restaurées.
« Soutenir les chaînes de valeur stratégiques, accélérer la production circulaire et durable, et maintenir des clusters chimiques intégrés essentiels pour la pharma, la biotechnologie, l'hydrogène et les semi-conducteurs », relève Michel Barbuto de la CNE. “Il convient aussi de protéger nos activités de la concurrence déloyale, celle qui ne respecte pas des critères sociaux et environnementaux ambitieux », ajoute Bart De Crock de la CGSLB. En bref, « protégeons et favorisons une industrie chimique nouvelle et ambitieuse pour les travailleurs, les citoyens et l’environnement ».
