La machine à broyer les conquis des travailleurs tourne à plein régime

La dérégulation de l’emploi menée par le gouvernement Arizona se poursuit à un rythme effréné. Ignorant une nouvelle fois la concertation sociale et la mobilisation des syndicats, le gouvernement a validé l’extension des flexi-jobs à l’ensemble des secteurs. Cette mesure prendra effet le 1er juillet : une véritable aubaine pour les patrons, une nouvelle attaque frontale contre les travailleurs.

Il sera donc désormais possible à un pensionné de venir « dépanner » pour un salaire de misère net d’impôts, ou à un travailleur déjà épuisé par son temps plein de cumuler un deuxième emploi pour parvenir boucler ses fins de mois. Là où l’intérim permettait déjà aux patrons de combler « les trous » dans les entreprises, la généralisation des flexi-jobs vient instaurer un véritable supermarché de la précarité. L'employeur n'a plus qu'à se servir dans ce catalogue de main-d’œuvre bon marché, organisant sciemment la mise en concurrence directe de ses propres travailleurs.

Après l’exclusion des chômeurs, la réintroduction de la période d’essai, la maximalisation des heures supplémentaires et de la flexibilité, la banalisation du travail de nuit ou encore le travail des étudiants jobistes dès 15 ans, les manœuvres pour presser les travailleurs comme des citrons se poursuivent. Et ce n’est pas fini : le gouvernement peaufine déjà ses prochaines attaques visant à exclure un maximum de travailleurs malades de longue durée.

Une main-d’œuvre bon marché

Le marché du travail risque d’être saturé de demandeurs d’emploi forcés de postuler, alors que l’offre d’emplois décents est largement insuffisante. Nous ne sommes pas dupes : nous savons pertinemment à qui profite cette manne de travailleurs maintenus dans la précarité.

Plus la réserve de main-d'œuvre est grande, plus la pression sur les épaules des travailleurs s’accentue. L'objectif est clair : installer l’inquiétude, imposer la docilité et forcer chacun à accepter l’inacceptable. Est-ce vraiment ce monde du travail là que nous souhaitons pour nous et nos enfants ? Un monde où l'on mendie des heures de prestation au bon vouloir du patronat ?

En flexibilisant toujours plus, l'Arizona met sciemment les travailleurs en concurrence les uns avec les autres. Cette politique ne tirera certainement pas les salaires vers le haut et n'améliorera pas les conditions de travail. Au contraire, elle organise un nivellement par le bas sans précédent, détruisant au passage le financement de notre sécurité sociale. 

Face à l’offensive antisociale, la FGTB appelle à la résistance !

Notre syndicat refuse catégoriquement cette société du dumping social et de la précarité érigée en modèle. Les flexi-jobs ne sont pas une solution pour améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs, ils sont le symptôme d'une économie malade qui refuse de rémunérer correctement le travail.

Nous exigeons :

  • Un retour à des emplois stables, revalorisés et correctement rémunérés.
  • Le renforcement des salaires minimums et des conditions de travail par le biais de conventions collectives fortes.
  • Le respect absolu de la concertation sociale.

Une nouvelle fois, cette mesure de généralisation des flexi-jobs démontre que l’Arizona n’a que faire du bien-être des travailleurs. Ils disaient vouloir valoriser le travail, l’actualité de ces derniers mois démontre indubitablement que ce n’est pas leur objectif et qu’ils ont menti à leurs électeurs.

Face à cette politique de régression, la FGTB poursuit la résistance. Nous ne les laisserons pas détruire les droits conquis de haute lutte par le monde du travail !