Travail en équipes et de nuit

Dans le secteur de la chimie, le travail de nuit et en équipes est plus répandu que la moyenne belge. On ne peut en sous-estimer les effets sur la santé et la vie de famille. Voilà pourquoi la FGTB Chimie a rédigé une nouvelle brochure. Cette brochure est non seulement un recueil d’informations importantes concernant les effets du travail de nuit, mais également un ouvrage d’analyse des avantages fiscaux offerts par le gouvernement aux employeurs qui donne aussi et surtout un aperçu des solutions possibles. Nous reprenons dans ce dossier plus d’informations concernant la brochure, mais donnons aussi la parole à nos délégués concernant les conséquences du travail de nuit dans leur entreprise et les outils syndicaux auxquels ils ont recours pour humaniser le travail de nuit.

A la loupe

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Brochure travail de nuit et en équipes dans la chimie

Dans le secteur de la chimie, le travail de nuit et en équipes est plus répandu que la moyenne belge. On ne peut en sous-estimer les effets sur la santé et la vie de famille. Voilà pourquoi la FGTB Chimie a rédigé une nouvelle brochure. Cette brochure est non seulement un recueil d’informations importantes concernant les effets du travail de nuit, mais contient également et surtout un aperçu des solutions possibles.

En raison des processus de production continus, le travail de nuit dans l’industrie chimique est nettement supérieur (21,3%) à la moyenne belge et flamande. En outre, le gouvernement encourage le travail de nuit en octroyant des avantages fiscaux. Clairement un mauvais choix, car le travail de nuit et en équipes est néfaste pour la santé et la vie familiale des travailleurs.

Des études démontrent en effet que les travailleurs de nuit et en équipes ont une vie sociale et familiale perturbée, souffrent de troubles du sommeil, de problèmes cardiovasculaires, ont un risque accru d’attraper un cancer et de vieillir précocement, sont moins vigilants au travail et ont un accès moins aisé à la formation professionnelle, etc.  

Dans notre nouvelle brochure ‘Travail de nuit et en équipes dans la chimie’, nous approfondissons non seulement les conséquences du travail de nuit, mais nous mettons aussi et surtout les solutions possibles en évidence.

Analyse des risques

En première instance, il y a la réglementation concernant le travail de nuit et en équipes. Elle oblige l’employeur d’effectuer une analyse des risques et de prendre, si nécessaire, des mesures de prévention. Celles-ci doivent toujours être soumises pour avis au CPPT et font également partie du plan de prévention global. Le CPPT peut donc jouer un rôle important.

En outre, la CCT 46 et l’accord sectoriel de la chimie 2019-2020 contiennent des mesures d’accompagnement importantes. Grâce à ces mesures, des travailleurs plus âgés qui travaillent depuis longtemps la nuit, ont entre autres la possibilité de passer à un régime de travail moins lourd ou de travailler en journée. Dans le cadre des fins de carrière en douceur, cela peut aussi aller de pair avec le maintien de la prime d’équipes.    

Fonds démographie

Le Fonds démographie propose aussi toute une série de solutions pour humaniser davantage le travail de nuit et en équipes. La FGTB Chimie a contribué activement à la création de ce Fonds en concluant une CCT sectorielle. Les employeurs et travailleurs peuvent recourir à ce Fonds pour mettre en place des projets concrets afin de rendre le travail faisable. Ces projets doivent cadrer dans les quatre domaines d’action du Fonds démographie : travail, santé, compétences, gestion de la carrière.

En ce qui concerne le travail de nuit et en équipes, il est par exemple possible d’œuvrer pour une réduction du temps de travail ou des embauches supplémentaires, de prendre des mesures pour humaniser le travail de nuit en instaurant l’autoplanification, en offrant une aide spécialisée en matière de sommeil ou d’alimentation, un coaching de carrière, etc.

Vous trouverez plus d’informations dans la brochure détaillée que vous pouvez télécharger ici.

Témoignages

BartBart 

Bart travaille depuis 23 ans en équipes : "Je commence avec l’équipe du matin, après la nuit, et puis l’après-midi. A l’époque, j’en voyais surtout les avantages, avec des enfants en croissance cela me permettait souvent d’être à la maison quand c’était nécessaire pour les enfants. La garde des enfants n’était jamais un problème. 

Mais après 23 ans, les inconvénients commencent à me peser : ce n’est pas que j’ai de graves problèmes de santé, mais je suis souvent très fatigué. Pendant la semaine où j’ai l’équipe du matin, mon humeur est exécrable.  On a besoin de beaucoup plus de temps pour récupérer. Je vois surtout les avantages que présente le régime de 4/5e à partir de 55 ans. Mais celui-ci se trouve bien évidemment aussi sous pression". Lire plus.  ​​​​​​

Claus 

Claus Kaspersen travaille depuis 33 ans en équipes chez BP Chembel Geel. Après toutes ces années, sa santé est fortement impactée : lourde fatigue, difficultés à récupérer, problèmes gastro-intestinaux, … "A partir de 50 ans, la situation commence à se dégrader : les troubles gastro-intestinaux sont très fréquents par exemple. Le fait de devoir manger à d'autres moments pose problème et cela s'aggrave en vieillissant. Dans l’état des choses actuel, je pourrais prendre ma pension à 63 ans, mais je ne suis vraiment pas sûr de tenir le coup jusque-là. Travailler moins serait la solution idéale'. Lire plus

Wim CeunenWim

Wim Ceunen travaille en régime de quatre équipes chez BASF en région anversoise depuis 20 ans, ce qui influence fortement sa vie sociale et la qualité de son sommeil. « Il n’est pas évident de bien fonctionner au sein du ménage quand on travaille la nuit, ni d’organiser des activités avec des amis, en famille, … . Le travail de nuit pèse sur les relations, les gens qui travaillent la nuit divorcent plus souvent. »

« Dans notre entreprise, nous essayons de travailler sur le thème de la réduction du temps de travail. Au sein du Fonds démographie, nous avons obtenu l’octroi d’heures de vacances supplémentaires rémunérées. Les travailleurs sont très intéressés. Environ la moitié y a recours et il ne s’agit pas seulement des travailleurs âgés. »

 

Roberto 

La vie familiale est inévitablement impactée. Quand on rentre à la maison après avoir travaillé de nuit, on est en décalage avec le reste de la famille, on est irrité, on ressent un mal-être. On se couche alors vers 6-7h et à 11h on est debout... sans se sentir reposé. »

 

Outil

Travail de nuit et en équipes : nous avons des solutions à proposer