Meilleurs voeux 2026
Malgré les appels des syndicats et des organisations patronales à privilégier une approche positive, volontaire et individualisée à l’égard des travailleurs en arrêt maladie, De Wever et Bouchez continuent de faire preuve de méfiance envers les malades, les médecins et les mutualités. Leur « super-note » ne mentionne que sanctions, obligations, réduction des allocations, et même des pensions. La responsabilité des employeurs n’est nulle part évoquée ; au contraire, il est demandé aux travailleurs de travailler plus, de manière plus irrégulière, et plus longtemps.
Aujourd’hui, un employé a droit à un salaire garanti pendant les 30 premiers jours de sa maladie. S’il retombe malade (de la même maladie) dans les 2 semaines suivant sa reprise de travail, iil n’aura pas droit à un nouveau salaire garanti. Par contre, après deux semaines de reprise du travail, il y aura à nouveau droit, pour un mois.
De Wever et Bouchez portent ces 2 semaines à… 12 ! Si leur note passe, les employés n’auront à nouveau
droit au salaire garanti qu’après 12 semaines (3 mois !) de reprise de travail. Autrement dit, toute personne qui reprend le travail et rechute « trop tôt » est punie. Honteux. Cela témoigne d’une méfiance effroyable à l’égard des travailleurs.
Projection. Frida est absente pendant un mois en raison d’une bronchite. Deux mois après avoir repris le travail, elle refait une bronchite. Avec les mesures NVA-MR, Frida n’a plus droit au salaire garanti, car moins de 12 semaines se sont écoulées entre ses deux périodes d’incapacité de travail.
De Wever et Bouchez envisagent de supprimer la garantie de rémunération dès le premier jour de maladie. Ils partent du principe que la suppression du certificat médical pour le premier jour de maladie conduit à des abus ; ce qui n’est pas le cas. Ils réintroduisent donc le jour de carence, alors qu’il avait été supprimé en 2014. Jusqu’à cette date, les ouvriers ne recevaient pas de salaire garanti pour le premier jour de maladie à la différence des employés. La Cour constitutionnelle avait d’ailleurs condamné cette discrimination en 2011.
L’historien Bart De Wever se tourne aujourd’hui avec nostalgie vers le passé, réintroduisant le jour de carence et laissant les employeurs décider qui doit et qui ne doit pas fournir un certificat pour le premier jour d’absence. Diviser pour mieux régner. Donner cette possibilité aux employeurs revient à donner carte blanche pour cibler certains travailleurs. C’est créer une atmosphère de travail malsaine et néfaste.
Source : Syndicats Magazine - Edition spéciale - Septembre 2024