Un ouvrier décède suite à l’effondrement d’un mur
Lors de travaux de rénovation d'une maison à Gand le 7 mai dernier, un ouvrier a perdu la vie après avoir été enseveli suite à l'effondrement d'un mur. Il s’agissait d’un homme de 50 ans d’origine bulgare.
La victime procédait à la démolition d’un mur avec un collègue lorsque les faits se sont produits. Le mur s’est effondré et le quinquagénaire a été enseveli sous les décombres. Il a succombé sur place à ses blessures. Nos pensées vont à ses proches.
Sécurité au travail
L’auditorat du travail, l’inspection du bien-être au travail et la police se sont rendus sur les lieux. L’enquête est toujours en cours afin de déterminer d’éventuelles infractions aux règles de sécurité sur le lieu de travail. Il faut notamment vérifier si l’analyse des risques obligatoire avait bien été réalisée et si des mesures ont été prises afin de garantir l’exécution du travail en toute sécurité. Des interrogations subsistent quant à l’évaluation correcte de la stabilité du bâtiment et quant à la mise en place de mesures préventives suffisantes.
Les employeurs sont légalement tenus de procéder au préalable à une analyse approfondie des risques et de prendre toutes les mesures de prévention nécessaires. Il ne s’agit pas d’une simple formalité mais d’une condition essentielle pour prévenir les accidents du travail. A cet effet, ils doivent se faire assister par les services externes qui disposent de l’expertise nécessaire en la matière. Les employeurs qui ne respectent pas la loi sur le bien-être au travail peuvent faire l’objet de sanctions.
Problèmes structurels dans le secteur de la construction
Ce type d’accident met en lumière des problèmes structurels sur les chantiers caractérisés par des structures d’emploi complexes. Dans le secteur belge de la construction environ 22 % des travailleurs sont détachés depuis l'étranger. Ces travailleurs échappent en grande partie aux statistiques relatives aux accidents du travail et sont plus souvent confrontés à des conditions de travail et de rémunération précaires.
Le détachement implique souvent plusieurs parties et dans le secteur de la construction plusieurs niveaux de sous-traitance sont fréquemment présents. Dans ce contexte, les travailleurs se retrouvent souvent dans une zone grise en matière de sécurité au travail. La complexité de la chaîne d'emploi peut empêcher que les informations relatives à la sécurité parviennent jusqu’aux travailleurs et permettre à certains employeurs de se soustraire à leurs responsabilités. Elle complique également le travail des services d'inspection. La combinaison d'éventuels problèmes linguistiques, d'une protection moindre et de structures complexes rend ces travailleurs particulièrement vulnérables.
C’est pourquoi nous devons continuer à lutter contre le dumping social et pour un contrôle strict du respect de la loi sur le bien-être au travail en Belgique. Parce que chacun a le droit de rentrer chez lui sain et sauf après sa journée de travail.
