Des emplois de qualité : nos délégués ont des solutions
Le 9 septembre, quelque 200 délégués de la chimie se sont réunis autour d’une question centrale : comment rendre les emplois plus sains, plus soutenables et plus compatibles avec la vie privée ? Des délégués de différentes entreprises du secteur ont partagé des exemples concrets en matière de santé, d’égalité femmes-hommes, de fins de carrière, de réduction du temps de travail et de travail de nuit et en équipes. Une conclusion s’impose : les idées ne manquent pas.
Ces échanges sont aujourd’hui plus nécessaires que jamais. Les carrières s’allongent, les possibilités de quitter plus tôt le marché du travail disparaissent et les travailleurs se voient imposer toujours plus de flexibilité. Ceux qui rencontrent des problèmes de santé sont, eux aussi, soumis à une pression croissante.
Pour Andrea Della Vecchia, secrétaire fédéral de la FGTB Chimie, le constat est clair : « Nous devons continuer à nous battre pour d’autres choix politiques et, en parallèle, obtenir des avancées concrètes dans les entreprises. Et sur ce terrain, nos délégués de la FGTB Chimie ne manquent pas d’idées. »
« Un travail soutenable n’est pas neutre du point de vue du genre »
Les délégués ont d’abord pointé une réalité préoccupante : les femmes sont plus souvent que les hommes confrontées à de mauvaises conditions de travail ([voir les résultats de notre enquête ici]). Elles continuent par ailleurs d’assumer une plus grande part des tâches familiales et de soins. Chez Organon, où près de la moitié des travailleurs sont des femmes, notre déléguée Joy et ses collègues ont donc négocié des mesures en matière de congés, de santé et d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Avec des résultats très concrets. « Les pères, parents adoptifs et coparents bénéficient au total de 60 jours de congé de naissance. Un complément financier est également prévu pendant les congés de maternité et d’allaitement. Des travailleurs supplémentaires sont engagés pour réduire la charge de travail, des examens médicaux sont organisés en plus des obligations légales et les travailleurs bénéficient de jours de congé supplémentaires à partir de 45 et 55 ans », explique Joy.
« Travailler pour vivre, pas vivre pour s’épuiser au travail »
Comme Joy, notre délégué Kris (SCK CEN) a utilisé le Fonds démographie pour améliorer concrètement les conditions de travail. Il explique ce qu’il a pu négocier avec son équipe syndicale : « Le plan démographie a permis des embauches supplémentaires. Grâce à ces nouveaux collègues, les absences pour maladie et les congés peuvent être mieux absorbés et les travailleurs en équipes ont retrouvé un peu d’air. Nous avons également obtenu davantage d’examens médicaux, un soutien psychologique pour les travailleurs et leur famille, des postes de travail ergonomiques ainsi que, désormais, des chèques sport et culture. La santé n’est ni un luxe ni une responsabilité individuelle. C’est un droit fondamental. »
Son message aux autres délégués est simple : « Concrétisez vos idées et ne laissez pas les moyens disponibles inutilisés. Commencez par identifier les besoins des travailleurs, puis voyez comment le Fonds peut aider à y apporter des solutions concrètes. »
« Après une longue carrière, chacun mérite une vieillesse paisible et en bonne santé »
L’âge de la pension augmente, le RCC a été supprimé et d’autres possibilités permettant de rendre les fins de carrière plus soutenables sont également sous pression. Pour les travailleurs qui exercent un métier pénible ou travaillent de nuit ou en équipes, la situation est particulièrement difficile.
Didier (Solvay) explique comment les restructurations successives ont accru la pression sur les travailleurs restants. « En tant que délégués, nous essayons d’y répondre par des mesures en matière de travail et de santé. Les travailleurs âgés de 48 à 60 ans peuvent ainsi travailler à mi-temps, passer à 80 % avec une prime et, s’il reste du budget, bénéficier de jours de congé supplémentaires. Ils peuvent également effectuer un bilan médical approfondi, qui s’est déjà révélé très utile par le passé. Mais impossible de le nier : la pression sur ceux qui restent est énorme, car la quantité de travail est considérable. »

Kim, qui travaille depuis 26 ans en feu continu chez BASF Anvers, pointe lui aussi les conséquences de l’allongement des carrières pour les travailleurs exerçant des métiers pénibles. « Travailler jusqu’à 67 ans, c’est de la folie. La pénibilité doit être prise en compte afin de ramener l’âge de la pension anticipée à 58 ans. Par le travail syndical traditionnel, nous avons tout de même obtenu ces dernières années plusieurs avancées en matière de travail soutenable et de fin de carrière : six jours de congé supplémentaires, un pool de production pour pallier les manques d’effectifs, des jours liés au budget d’expérience et la possibilité pour les travailleurs plus âgés de passer à un poste moins lourd, avec une compensation partielle de la perte de salaire. »
Il explique également comment les fins de carrière ont été adaptées pour les travailleurs exerçant un métier pénible : « Nous avons négocié la possibilité d’être dispensé de prestations pendant quelques mois avant la pension. Dans la pratique, ce système remplace en partie le RCC (prépension). »
« Nos années en bonne santé ne doivent pas être passées uniquement au travail »
Chez Eastman Taminco, de nombreux travailleurs sont occupés dans différents systèmes d’équipes. Pour notre délégué Elias, la réduction du temps de travail devient dès lors de plus en plus importante. « Des temps de repos supplémentaires rendent ces systèmes plus supportables et améliorent l’équilibre entre travail et vie privée, surtout maintenant que les travailleurs doivent travailler plus longtemps. Grâce au Fonds démographie, nous avons obtenu des jours d’ancienneté supplémentaires. Les travailleurs accumulent ainsi progressivement davantage de congés au fil de leur carrière. Une attention supplémentaire a également été accordée à l’ergonomie, tant pour les postes de travail sur écran que pour les tâches physiques en production. »
Elias reste néanmoins ambitieux pour ses collègues : « Il faudrait augmenter les moyens du Fonds démographie afin de pouvoir aller encore plus loin dans la réduction du temps de travail. » Et lorsqu’on lui demande pourquoi, sa réponse est claire : « Dans la chimie, nous vivons moins longtemps en bonne santé. Ces années en bonne santé, nous ne devons pas les passer uniquement au travail. Il est donc urgent d’avancer sur la réduction du temps de travail ! »
« Les travailleurs de la chimie paient un lourd tribut »
Environ un travailleur de la chimie sur quatre travaille de nuit ou en équipes. Ils font tourner notre industrie jour et nuit, souvent au détriment de leur santé et de leur vie privée.
Chez Nitto, les délégués ont donc cherché à organiser autrement le système d’équipes existant. Notre délégué Patrick explique : « Auparavant, tout le monde travaillait dans un système à trois équipes. Une enquête interne a montré que beaucoup souhaitaient passer à deux équipes. Avec le soutien du Fonds démographie, nous avons obtenu le temps et les moyens nécessaires pour élaborer un nouveau système. Une grande partie des travailleurs a ainsi pu passer à un système de deux équipes et une nuit fixe. Des temps de repos rémunérés supplémentaires, des chèques sport et culture, des bureaux ergonomiques, du coaching et un soutien psychologique volontaire ont également été mis en place. Grâce à nos idées et à nos alternatives, nous avons amélioré le travail quotidien de nos collègues », conclut Patrick.
D’une idée forte à un meilleur emploi
Une chose est sûre : nos délégués ne manquent pas d’idées. Plusieurs d’entre eux voient dans le Fonds démographie une occasion de réaliser des améliorations concrètes sur le lieu de travail.
Afin de continuer à les soutenir, la FGTB Chimie a rassemblé près de dix ans d’expérience du Fonds démographie dans la brochure « D’une idée forte à un meilleur emploi ». Vous y trouverez des exemples concrets, des conseils syndicaux et des points d’attention pour élaborer un plan démographie de qualité.
Téléchargez ici notre brochure « D’une idée forte à un meilleur emploi »
