Meilleurs voeux 2026
Fin novembre, à l’aube de 3 jours de grève générale, le gouvernement Arizona présentait son accord budgétaire. Un accord sans surprise qui mise sur les coupes budgétaires plutôt que sur les hausses des recettes. A la clé, un seul objectif : réduire la dette belge. Selon le discours dominant, il n’y aurait pas d’autre alternative à l’austérité.
Sources de notre dossier
- 4 milliards grâce à la taxe sur les plus-value - chiffrage Bureau Fédéral du plan en vue des élections (PTB). DC2024 - Résultats
- 10 milliards en taxant les revenus du capital et du travail de la même manière : chiffrage Bureau Fédéral du plan en vue des élections (Vooruit) voir ici : DC2024 - Résultats
- 9 à 13 milliards grâce à la taxe sur le patrimoine : reco_239.pdf Toniotti, 2024
- 13 milliards en relevant le taux de cotisations sociales à 32% + taux d’impôt de sociétés à 33%.
- 25 milliards en limitant les subsides salariaux : BNB: Les subventions aux entreprises sont-elles élevées en Belgique ? | Banque nationale de Belgique
Selon l'économie classique, ce serait effectivement le cas :
Cette représentation, qui se rapproche de la perception commune des gens selon laquelle l'épargne précède l'investissement, ne correspond pourtant pas à la réalité de l'économie d'un pays.
Cela peut paraître étrange, mais lorsque vous contractez un prêt hypothécaire, la banque verse ce montant sur votre compte ; cet argent n'existait pas auparavant - il a été nouvellement créé.
Cette conception a des conséquences importantes sur notre façon d'envisager l'épargne et l'investissement :
Il existe donc deux manières très différentes de concevoir l'argent :
| Vision classique | Vision moderne |
| L’épargne précède l’investissement | L’investissement précède l’épargne |
| Etre économe est une bonne chose | Les dépenses sont bonnes pour la croissance |
| Si l'épargne est insuffisante, les investissements diminuent, car ceux-ci dépendent du taux d'épargne | Si la demande est insuffisante, les investissements diminuent, car ceux-ci dépendent de la demande future |
| Les dépenses publiques utilisent les épargnes et évincent les investissements privés | Les dépenses publiques stimulent l’investissement privé |
Ceci démontre que le modèle classique est dépassé et que nous devons repenser notre conception de l'argent, des banques et de l'économie.
Beaucoup de gens pensent que les dettes sont mauvaises et qu'un gouvernement doit toujours essayer d'avoir le moins de dettes possible. Cela semble logique, mais dans l'économie réelle, cela fonctionne différemment.
Les dettes publiques ont aussi leurs côtés positifs
Lorsque le gouvernement emprunte de l'argent, il peut réaliser d'importants investissements, tels que la construction de nouvelles routes, d'écoles ou le financement de la recherche. Ces coûts ne sont alors pas payés en une seule fois, mais répartis sur plusieurs années. Ainsi, tant les générations actuelles que futures contribuent à leur financement. Si l'on ne peut pas faire de dettes, il faut soit augmenter les impôts, soit supprimer d'autres dépenses, soit attendre d'avoir suffisamment d'argent. Cela ralentit le progrès et peut nuire à l'économie, comme cela a été le cas en Allemagne. C'est d’ailleurs pourquoi l'Allemagne va modifier sa politique de faibles déficits budgétaires.
L'économie fluctue : parfois, elle se porte bien (haute conjoncture), parfois mal (basse conjoncture). En période difficile, les entreprises et les particuliers dépensent moins. Le gouvernement peut alors intervenir en dépensant davantage, même s'il doit temporairement emprunter plus. Cela aide à relancer l'économie.
La dette publique est également importante pour les banques, les fonds de pension et les assureurs. Ceux-ci investissent souvent dans la dette publique parce qu'elle est sûre : un gouvernement est moins susceptible de faire faillite qu'une entreprise. Ces dettes sûres sont utilisées comme gage et constituent le lubrifiant du secteur financier.
Un gouvernement qui mène une politique d'austérité n'est pas meilleur pour l'économie. Bien sûr, le gouvernement doit emprunter de manière responsable, mais essayer d'éliminer vraiment toutes les dettes finit par appauvrir.
On entend souvent que l’Etat doit gérer sa dette « en bon père de famille ». Il devrait ainsi veiller à ne pas trop s’endetter. Cependant, ce qui vaut pour les ménages ne vaut pas pour les Etats car la dette publique est très différente de la dette privée. Il y a deux différences fondamentales entre la dette publique et privée.
Contrairement à une famille, l’Etat ne meurt jamais et ne doit jamais rembourser l’intégralité de ses dettes. L’Etat est doté de la vie éternelle. Chaque année, l’Etat contracte ainsi de nouveaux emprunts pour financer ceux qui arrivent à échéance. Ainsi, le niveau de la dette importe peu puisque l’Etat ne fait que remplacer les vieilles dettes par de nouvelles.
Notons d’ailleurs que, comparé à un ménage, l’Etat est peu endetté. Un taux d’endettement de 100% signifie que l’Etat possède une dette équivalente à l’entièreté de ses revenus annuels. C’est comme si un ménage qui gagne 25.000€ net par an ne pouvait emprunter que 25.000€ pour acheter sa maison.
Contrairement à un ménage, un Etat dispose de différentes options pour agir sur sa dette :
L’endettement de l’Etat génère également de nouvelles recettes pour l’Etat. Ainsi, par exemple, si l’Etat s’endette pour réaliser des investissements, il va créer de l’emploi, stimuler l’économie et l’investissement privé. Les nouveaux emplois créés et la croissance économique vont générer de nouvelles recettes fiscales, ce qui va diminuer la dette publique.
La dette publique est donc fondamentalement différente de la dette privée. Un haut niveau de dette publique n’est pas forcément problématique.
On entend souvent que les dettes publiques sont un fardeau pour les générations futures. L’idée est que nos (petits)-enfants seront globalement plus pauvres car ils devront rembourser les dettes du passé. Cette idée semble intuitive. Pourtant, elle ne l’est pas pour diverses raisons :
Comme nous l’avons vu précédemment, les dettes publiques ne doivent jamais être entièrement remboursées. Nos (petits)-enfants devront simplement contracter de nouveaux emprunts pour rembourser ceux qui arrivent à échéance. Cependant, nous devons payer des intérêts sur la dette publique. Plus la dette est grande, plus les intérêts que nous devons payer sont importants. Il est dès lors important que ces charges d’intérêts ne soient pas trop importantes. Pour cela, la politique de la banque centrale est essentielle car elle peut garantir des taux d’intérêt bas (voir factcheck 6).
Ce qu’on oublie, c’est qu’avec la dette, l’Etat va pouvoir financer de nouveaux investissements qui vont bénéficier à nos petits-enfants. Si les dettes sont contractées pour réaliser des travaux d’infrastructures (routes, hôpitaux, écoles, transport public), investir dans la recherche, l’enseignement ou la transition écologique, les générations futures se porteront mieux.
Aujourd’hui, pour atteindre nos objectifs climatiques et répondre à certains besoins sociaux, les pays européens devraient investir entre 300 et 420 milliards d’euros chaque année. S’ils ne le font pas, ils vont laisser des dettes écologiques et sociales importantes aux générations futures. En imposant une salve d’austérité budgétaire, les pays européens ne vont pas pouvoir atteindre leurs objectifs écologiques et sociaux.
Les dettes publiques ne sont pas un fardeau pour les générations futures. Elles sont nécessaires pour financer les besoins sociaux et la transition écologique. Les dettes écologiques et sociales laissées à nos petits enfants seront bien plus nocives que les dettes économiques.
La constitution européenne impose que la dette des Etats européens tende vers 60% du PIB. Aujourd’hui, l’Europe parle d’un seuil de 90% du PIB. En réalité, ces seuils ont peu de sens économique et doivent être remis en question pour plusieurs raisons.
La limite du taux d’endettement de 60% du PIB a été choisie de manière arbitraire au moment de la construction européenne. Elle représentait le niveau moyen d’endettement de l’époque des 12 futurs pays de l’UE, sans autre justification économique. Le seuil de 90% du PIB est contesté par de nombreux économistes.
En fait, il n’y a pas de lien avéré entre un certain niveau du taux d’endettement et la soutenabilité de la dette.
Ainsi, la dette du Japon est passée de 98% du PIB en 1995 à 250% du PIB aujourd’hui et le Japon n’a pas de difficulté à financer sa dette. Il paie même des taux d’intérêt sur la dette inférieurs à ceux de la Belgique. De même, la dette des USA est de 125% du PIB et cela ne lui pose aucun soucis.
L’indicateur principal pour déterminer si une dette est soutenable ou non n’est pas le niveau de la dette mais la différence entre le taux d’intérêt payé par un gouvernement sur ses dettes et la croissance de l’économie. Il faut que le taux de croissance de l’économie (g) soit supérieur au taux d’intérêt moyen payé sur la dette (r) pour éviter que la dette ne s’emballe.
Le rôle du politique est très important pour garantir g > r :
g > r
L’Etat doit mener des politiques qui soutiennent la croissance économique. Pour cela, il est parfois nécessaire de s’endetter. Les politiques d’austérité de l’Arizona vont affaiblir la croissance économique. | La politique de la banque centrale européenne (BCE) est ici très importante car elle peut garantir des taux d’intérêt bas sur les dettes publiques (voir factcheck 6). |
Selon de nombreuses études, cet indicateur (g > r) resterait positif pour les deux prochaines décennies en Belgique. La dette belge est donc soutenable, le taux d’endettement élevé n’est pas encore problématique et les politiques d’austérité menées par l’Arizona ne sont pas nécessaires.
En 2010, les intérêts sur la dette grecque ont explosé et les marchés financiers ne voulaient plus financer la Grèce. On a cru que la Grèce allait devoir faire faillite. Depuis lors, dès que le taux d’endettement est élevé, la menace de vivre un scénario à la grec est régulièrement brandie à droite de l’échiquier politique.
Pourtant, la crise de la dette grecque est essentiellement liée à la réticence de la banque centrale européenne (BCE) d’aider la Grèce. Cette crise aurait pu facilement être évitée si la BCE était intervenue à temps. En effet, l’évolution du taux d’intérêt et donc de la soutenabilité de la dette dépend de manière cruciale de la politique des banques centrales.
Les banques centrales ont ainsi trois instruments pour assurer que les taux d’intérêts restent bas :
Dans les pays non-européens, qui disposent encore d’une banque centrale propre, le problème qu’a rencontré la Grèce est inexistant : dans ces pays, en période de turbulence, la banque centrale achètera tout simplement les titres de dette nécessaires afin d’étouffer toute panique bancaire. En Grèce, en 2009, la BCE a d’abord refusé d’intervenir. Les taux d’intérêts se sont envolés et les politiques d’austérité qui ont été mises en place pour réduire la dette grecque se sont soldées par un échec cuisant. Il a fallu que la BCE annonce, à l’été 2012, qu’elle allait racheter des titres de la dette grecque pour que la crise cesse. Ce n’est donc pas la politique d’austérité qui a permis au taux d’intérêt grecs de baisser mais bien la politique monétaire de la BCE.
Depuis la crise de la dette grecque, la BCE a décidé d’intervenir à plusieurs reprises pour sécuriser les dettes publiques européennes. Le règles budgétaires européennes ont même été suspendues pendant la période COVID. Les Etats ont pu s’endetter pour faire face aux besoins de cette période. Grâce à l’action de la banque centrale européenne, les taux d’intérêt sont restés bas et les taux d’endettement n’ont pas beaucoup augmenté. Cependant, les nouvelles règles budgétaires durcissent à nouveau le ton.
Les ajustements budgétaires rapides ont un effet récessif, tant sur la demande privée que sur le PIB total. Les assainissements semblent toujours constituer un frein important à la croissance.
La dette est exprimée en % du PIB. Si le PIB diminue, la dette augmente !
Or, les mesures d’économies vont avoir un impact négatif sur le PIB, ce qui peut au final faire augmenter la dette. La logique des économies se heurte donc à ses propres limites : l’effet dénominateur (impact sur la croissance et le PIB) est souvent plus important que l’effet numérateur (impact sur la dette publique totale), ce qui fait que le ratio d’endettement ne diminue pas, mais augmente au contraire. Cette situation risque toutefois d’entraîner un cercle vicieux (ou « boucle de mort fiscale »), où les effets négatifs des économies augmentent la nécessité de nouvelles mesures d’austérité. Dans de nombreux cas, les mesures d'austérité ont justement entraîné une augmentation de la dette publique, précisément parce que l'activité économique a diminué, ce qui a entraîné une baisse des recettes fiscales et une augmentation des dépenses sociales.
Entre 2011 et 2013, les politiques d’austérité menées en Europe se sont soldées par un échec. La croissance économique du PIB a tellement diminué que les taux d’endettement, exprimés en % du PIB, ont augmenté. En Grèce, où les mesures d’économies ont été les plus fortes et ont appauvri toute la population, la dette est passée de 115% du PIB en 2009 à 180% du PIB en 2014. En Belgique, la dette a augmenté de 100% du PIB à 107% du PIB entre 2010 et 2014. Même le FMI admet que les politiques d’austérité échouent généralement à réduire le ratio dette/PIB.
En outre, si l'on souhaite réduire la dette publique, il est en d'autres termes, plus efficace sur le plan économique d'augmenter certaines taxes (essentiellement sur les revenus et les patrimoines élevés) que de réduire drastiquement les dépenses.
Les mesures d’économies prônées par l’Arizona sont inefficaces pour réduire le taux d’endettement car elles vont avoir un effet négatif sur la croissance économique et sur le PIB. Le taux d’endettement, exprimé en % du PIB, risque d’augmenter. Les précédentes cures d’austérité menées en Europe ou dans d’autres pays ont échoué à diminuer le taux d’endettement.
Les mesures d’économies sont idéologiques : contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, elles n’ont pas vocation à réduire le taux d’endettement mais bien à couper dans les dépenses sociales et à mettre en place des politiques en faveur des employeurs (attaque sur la sécurité sociale et sur le droit du travail).
La Belgique ne dépense pas plus pour la politique sociale ou les soins de santé que les pays voisins. Au contraire, les dépenses en matière de sécurité sociale et de soins de santé sont même légèrement inférieures à la moyenne de ce que dépensent nos voisins.
Ce qui frappe toutefois, par rapport à nos pays voisins, c'est qu'un poste de dépenses se démarque nettement chez nous : les « affaires économiques ».
Les ‘Affaires économiques’ est un terme générique pour toute une série de domaines et de mesures politiques : allant des subsides salariaux en passant par les titres-services aux dépenses pour les transports publics et la mobilité. Au sein de cette catégorie, il s’agit principalement des mesures politiques visant à ‘soutenir l’activité économique’ (telles que les subsides salariaux et les exonérations de retenue de précompte professionnel pour les entreprises) qui sont élevées.
Ces mesures ont principalement été introduites afin d’améliorer la ‘compétitivité des coûts’ des entreprises belges. En conséquence, pour chaque 100 euros de salaire brut, les entreprises contribuaient encore 33 euros à la sécurité sociale en 1996, contre 21 euros seulement aujourd’hui. Ces réductions de coûts salariaux ont coûté plus de 16 milliards d’euros au gouvernement jusqu’à présent, et ces coûts ne feront qu’augmenter (un coût estimé à 18 milliards d’euros d’ici 2027).
Une part importante de la hausse des coûts est également imputable au ‘tax shift’ du gouvernement Michel. Celui-ci comprenait, outre la réduction des cotisations patronales, également une diminution de l’impôt des sociétés et une réforme de l’impôt des personnes physiques. La baisse des recettes à la suite des réformes instaurées a cependant insuffisamment été compensée par de nouvelles sources de recettes (autrement dit : on a jonglé avec des ‘effets retour’ qui n’ont jamais été réalisés). Le tax shift mis en œuvre n’était en aucun cas un transfert neutre sur le plan budgétaire, mais plutôt une simple réduction d’impôt ou tax cut. La conséquence de ces choix et exonérations fiscaux est cependant un sous-financement structurel de la sécurité sociale.
Comme la Banque Nationale, le Bureau fédéral du Plan a déjà signalé dans un rapport en 2022 que les nombreuses formes d’aide d’Etat aux entreprises sont peu efficaces et peinent à justifier la hausse rapide des coûts budgétaires pour le gouvernement. Il évoque également la ‘possibilité d’augmenter l’efficacité des avantages fiscaux en introduisant un plafond pour les aides publiques reçues’ car cette efficacité diminue principalement en fonction du niveau des avantages reçus. Par conséquent, il semble avoir une vaste marge pour examiner de manière critique et harmoniser l’efficacité des dépenses effectuées dans le cadre d’une ‘politique économique générale’.
Il n'est pas vrai que le capital ou les revenus patrimoniaux soient effectivement lourdement imposés en Belgique.
Cette perception repose en grande partie sur un graphique qui met en relation la part des recettes fiscales issues du capital et du patrimoine avec le PIB. Une définition très large de l'impôt sur le capital ou le patrimoine est par ailleurs utilisée. De plus, le ratio entre les revenus du capital ou du patrimoine et le PIB ne constitue pas une mesure pertinente pour évaluer la pression fiscale. Ce graphique dit donc peu sur la charge fiscale effective qui pèse en Belgique sur le capital et le patrimoine.
Le fait que la pression fiscale en Belgique soit très inégalement répartie a été clairement mis en évidence par l’OCDE dans son rapport The taxation of labour vs. capital income publié en 2023. L’organisation y souligne l’écart important entre le taux d’imposition effectif appliqué en Belgique aux revenus du travail et celui appliqué aux revenus du patrimoine (pour les plus hauts revenus). Sa conclusion est sans équivoque : selon ses calculs, aucun autre pays de l’OCDE ne traite et ne taxe ces différentes sources de revenus de manière aussi inégale qu’en Belgique.
Cet écart important s’explique en grande partie par l’absence d’imposition des loyers réels et, plus encore, par l’absence quasi totale, dans la pratique, d’une taxation des plus-values sur la vente d’actions. La Belgique prévoit certes, en théorie, une taxe sur les plus-values (au taux de 33 %), mais celle-ci n’est pas due lorsque la plus-value résulte de la « gestion normale du patrimoine privé ». En pratique, les plus-values échappent donc largement à l’impôt.
En tant que pays sans impôt sur les plus-values pour les particuliers, la Belgique constitue une anomalie au niveau international. Peu d'autres pays appliquent un taux réel de 0 % sur les gains issus de la vente d’actions. Dans la zone euro, seuls Malte, la Tchéquie, la Slovaquie et la Slovénie partagent cette approche. En dehors de la zone euro, outre des paradis fiscaux notoires comme les Bahamas et les Îles Caïmans, la Suisse, la Géorgie et la Turquie n’imposent également pas ces plus-values. La plupart des pays européens appliquent cependant un taux progressif compris entre 20 et 35 % sur les plus-values. Au Danemark, le taux le plus élevé atteint même 42 %, contre 37,8 % en Norvège et 34 % tant en Finlande qu’en France.
L’absence d’un impôt progressif sur les plus-values profite surtout aux Belges les plus aisés. Les données récentes de la Banque nationale sur la répartition du patrimoine des ménages belges montrent que plus de la moitié (55 %) du patrimoine net est détenue par les 10 % les plus riches, qui possèdent à eux seuls pas moins de 79 % des actions cotées.