Toujours plus de milliardaires… et d’inégalités

Le monde n’a jamais compté autant de milliardaires. En 2025, ils sont plus de 3000, contre 147 en 1987. Leur richesse cumulée atteint aujourd’hui 16.000 milliards de dollars, en hausse de près de 2000 milliards en un an, d’après le dernier rapport d’Oxfam. Cette explosion se concentre principalement aux États-Unis, en Chine et en Inde. Une explosion qui creuse encore plus les inégalités, mais qui comporte aussi un risque pour nos démocraties. 

Ce constat ne vient pas seulement des syndicats ou des ONG. Un sondage international mené auprès de 3900 millionnaires des pays du G20 révèle que 77% estiment que les ultra-riches achètent une influence politique et 71% pensent qu’ils peuvent peser directement sur les résultats électoraux. Autrement dit, même celles et ceux qui bénéficient du système reconnaissent qu’ils menacent la démocratie. 

Selon Oxfam International, la fortune du 1% le plus riche équivaut désormais à trois fois le patrimoine public mondial. En cinquante ans, nous avons assisté à un transfert massif de richesses du public vers le privé: écoles, hôpitaux, logements sociaux et infrastructures s’appauvrissent pendant que les grandes fortunes explosent. 
Cette concentration extrême du pouvoir économique permet aussi aux ultra-riches d’influencer les gouvernements, les médias et les règles du jeu démocratique, sapant la confiance sociale et bloquant toute action sérieuse contre les inégalités. 

Face à cette réalité, près de 400 millionnaires et milliardaires de 24 pays, réunis notamment au sein de Patriotic Millionaires, appellent ouvertement à taxer les ultra-riches. Leur message est clair: sans justice fiscale, nos démocraties sont en danger. 

Face à ces inégalités, des solutions existent 

En Belgique aussi, l’austérité est présentée comme une fatalité pour réduire la dette publique. Pourtant, des alternatives existent. Il serait possible de dégager des dizaines de milliards d’euros sans toucher aux travailleurs: 

  • 4 milliards via une vraie taxe sur les plus-values
  • 10 milliards en taxant équitablement les revenus du capital et du travail
  • 9 à 13 milliards grâce à une taxe sur le patrimoine,
  • 25 milliards en limitant les subsides salariaux inefficaces  

Au regard de ces chiffres, une question s’impose : l’austérité est-elle une nécessité économique ou un choix politique? 
Un choix qui protège les ultra-riches… et fait payer la facture à la majorité. 
Et, au-delà des budgets, une autre question demeure: la démocratie peut-elle résister à des fortunes sans limite? 

La réponse dans notre dossier « L’austérité, pas la solution »