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Mardi 13 Juin 2017, 12:15

Sans salaire depuis février, les ouvriers roumains occupent les grues du chantier

Hier matin, une petite vingtaine d’ouvriers roumains ont arrêté le travail sur le chantier Agora de Louvain-la-Neuve. Cinq d’entre eux occupaient deux grues et refusaient d’en descendre tant qu’on ne réglait pas leurs arriérés de salaire de quatre mois. Une situation de dumping social que nous entendons une nouvelle fois dénoncer.

Abus, exploitation,… ce sont les mots qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on relate la situation dans laquelle se trouvent une vingtaine d’ouvriers roumains employés sur le chantier Agora de Louvain-la-Neuve. Depuis février, ils ne perçoivent pas leur salaire. D’où leur appel à l’aide ce lundi matin en occupant deux grues du chantier Agora de Louvain-la-Neuve.

Enzo Gramaglia, secrétaire régional de la FGTB Brabant wallon, est descendu sur place afin d’en savoir plus sur la situation et d’apporter son soutien aux travailleurs détachés :

« Il s’agit en fait d’un problème de sous-traitance. La première entreprise, BPC, sous-traite à l’entreprise ECA qui elle-même sous-traite à une entreprise roumaine qui fait clairement appel de faux indépendants. Ces travailleurs étaient payés forfaitairement au nombre de mètres carrés qu’ils produisaient par jour. Or, les travailleurs réclament, à juste titre, un paiement basé sur le nombre d’heures prestées, comme tous les travailleurs en Belgique. Les montants sont 5 à 6 fois plus élevés que les montants prévus par leur employeur et donc ce dernier refuse de payer cette somme. »

Le mouvement entrepris par les ouvriers roumains a finalement permis de débloquer quelque peu la situation. En fin de journée, les travailleurs qui occupaient la grue sont descendus après avoir reçu l’assurance de percevoir la somme qui leur est due. Mais cette situation montre une fois encore qu’il y a un sérieux problème avec les travailleurs détachés.

« C’est une nouvelle fois un cas flagrant de dumping social, orchestré indirectement par des entreprises belges qui n’ont aucun scrupule à profiter d’une main d’œuvre moins chère. » s’insurge Brahim Hilami, Secrétaire fédéral en charge du secteur de la construction. « Il est grand temps que la Belgique, et l’Europe, mettent à disposition les moyens légaux et humains afin d’enrayer le dumping social. »

Action 21/06 - Non à la carte européenne !

Nous mènerons d’ailleurs une action en front commun le 21 juin afin d’appeler l’Europe à respecter le principe « A travail égal, salaire égal ». C’est à cette date que le Parlement européen discutera de la proposition d’une carte électronique de services. Via ce système, l’Europe veut simplifier les procédures administratives pour les prestataires de service qui veulent étendre leur activité dans un autre Etat membre. Sous couvert de simplification administrative, c’est le dumping social qui sera facilité ! Rejoignez-nous le 21 juin pour dire non à la carte européenne. Rendez-vous à 9h30 Place du Luxembourg à Bruxelles.

Plus d’info sur notre lutte contre le dumping social

Plus d’info sur l’action du 21 juin